——–POEMES JACQUES BASSE————-

ici

est un ciel
de soleil
haut sur
le cœur des pins
où les cigales
vous saoulent

ici est un cabanon
à l’ombre d’un aleph
peuplé
de lézards
de siestes
divines

ici est l’odeur chaude
qui monte du sol
des iris
sauvages
de l’herbe
séchée

ici est un vent
de chaleur
courant d’air
qui frise les lavandes
et le thym sensuel
couleur de garrigue

là les odeurs sont fortes
les ardeurs le sont moins
mais le bien être y est si grand

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FLEURS D’ETE


les fleurs d’été nous inondent
de leur parure de transparence
et nous plongent dans
la volupté la sensualité

elles s’unissent à la lumière
du haut de leur corolle
une belle harmonie
ivresse rosée du matin

pareils à des papillons
joyaux ailés
qui enluminent
véritables poètes des airs

charmes de pétales
que transcendent l’ambiance
d’une onde de fraîcheur
un jardin de délicatesse

éclatant essor
de la naissance
des aurores

ivresse

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ENCRE DE CHINE


sur l’horizon tout noir
ourlé de soleil
comme une encre de chine

sont
de grands cyprès
raides frémissants
si démultipliés

aussi
la fleur du prunier
sur son rameau tendu
souriante fragile gracile

Il semble que la fleur
soit capable de sourire

prête d’être cueillie
elle exhale son parfum


à leurs pieds s’étalant
sur une feuille de nénuphar
une grenouille
qui coasse

une histoire d’amour

cette parure d’encre
à l’ ombre ciselée
est splendeur délicate

comme

une encre de chine
sur un papier de riz

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LE TOURNESOL


enivré de soleil
étourdi
de chaleur
baisse la tête

orgueil démesuré
tenté par le vide
dans une révérence
il soupire
aspiré
penché
sur ces racines

il est
lit nuptial improvisé
pour deux papillons
berceau de l’abeille
où elle butine
quotidiennement

soleil
rutilant
scintillant
véritable pépite d’or
huile au soleil
Van goth
ne s’y est pas trompé

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QUERELLE

Certains de prétendre
qu’il y a un dieu

alors tous les dogmatiques
envisagent de quelle couleur
peuvent être ses cheveux
blonds ou bruns
frisés ou pas

on crie on se ligue on se bat
jadis même on s’est tué
ceux qui soutenaient
le contraire
firent brûler ceux qui affirmaient
l’opposé

mais messieurs
votre dieu existe-t-il
dit modestement la « raison »

quel doute horrible
s’écrient les avisés
quel blasphème
quel sacrilège
quelle hérésie

alors tous font un procès
pour abattre la « raison »
et
après l’avoir décimé
de la manière la plus insane

le débat reprend
sur ce sujet véniel
négligeant l’important

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INCANTATION

à vos pieds
je pose

une rose
le « mot »
l’âme du mot

le chant du mot
sans ressentiment je l’expose

peut-être ne faut-il dire
l’âme des choses

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FANTASME

J’aimerais tant m’abandonner à son regard
avec l’audace qui sied à sa grâce

fantasmer aux fertiles émotions
ombre douce où miroite son âme
délire secret

si lointain sont les élans
de son cœur

même
le souffle de son visage
je ne le sens pas

ce n’est qu’un rêve

je le sais

mais quelque part
elle existe

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ABSENCE

le présent s’étiole
les « mots »
de désespérance
tourbillonnent
dans l’incertain

désormais
apprendre à vivre l’absence

ô le souvenir
de l’inclination complice
de ces sommets feutrés

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ILLUSION

quelques gouttes de bleu
dans les yeux de l’adolescence

colorent d’illusion le regard

dans ce regard vierge
un souffle de rêve semble vérité
qui n’est vérité que de l’instant

tel un

papillon translucide
dans sa fraîcheur
de printemps

elle est

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ADOLESCENCE

à l’adolescence
au regard vierge
l’amour se révèle

pareil
au printemps
qui voit du bourgeon
éclore la fleur

le désir
à souhait
verse ces ivresses
qu’un souffle caresse

dès lors
sont des paresses
alanguies
fertiles en émotion

frémit
le corps
et jaillit l’éclair

sous l’étreinte convoitée

pareil à ce renouveau
d’où surgit en puissance
la toute première fleur
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L’ARBRE DE VIE

la force d’aimer est dans la sève
sous l’écorce de l’arbre de vie

dans ses veines coulent des mots
des désirs de bourgeons émerveillés
des rêveries comme poussière de feuille

dans ses veines sont des lambeaux de ciel
des nichées d’oiseaux encore éveillées
ou l’ombre d’une ondée aux reflets irisés

ébullition de la sève
fièvre du bourgeon
sont promesse d’être
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RÉVEIL

le matin s’éveille
doucement
dans l’ombre

un cocorico
met fin aux cauchemars
d’une nuit blanche

malaise de l’inconscient
«incontrôlé»
tiroir à fouillis
où planent ces ombres
sans répit

subconscient banlieue du «Moi»
suscite le temps qui fût
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LEURRE

probablement
qu’il n’y avait rien à espérer
de ce conte

possible même
qu’il n’ait jamais existé

autrement
que dans mon rêve

à ce peu qui lui
subsiste
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CRI D’AMOUR

on peut l’entendre
le cri de l’amour

là il rompt le silence
ici il perturbe le calme

dans ce cri de désespérance
c’est l’absence infligée

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SOUFFLE

souffle de printemps
rayon de sensualité
est ivresse qui monte

souffle qui frôle
les ébats alanguis
et désaltère l’amour

l’instant où tu sombres
la caresse convoitée
est l’amour réinventé

tu caresses la branche
et épanouis la fleur

celle désirée
et qui n’est plus
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COEUR

Il est un lieu
où germe
la beauté
la lumière

le cœur

si élégamment ouaté de doute
où des rêves inexplicables
meublent son l’espace
il est quiétude qui dort

à la lumière
des émois
il palpite

un coeur qui germe
est lumière de vie

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EMBELLIE

l’éternité d’un moment
« l’embellie »
désossé de l’incertain
est-il possible

probablement
qu’il n’y a rien à espérer
de cet état divin

possible même qu’il
n’ait jamais existé

autrement
que dans mon rêve

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DÉFERLEMENT

l’extrême enveloppé
de jouissance

l’inespéré l’embellie

enfuit
enfouit

sans regret sans mépris

qu’ai-je de la félicité
retenu

l’éphémère
prodigieux déferlement

la jouissance
de l’extrême submerge
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ILLUSION

que reste-il
de cet instant
où s’est logé
notre présence

ce moment habité
du murmure des anges

illusion illusoire

il faut
au temps du temps
pour réaliser

singulier vertige
de cet instant
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AMERTUME

Je vois des oiseaux
S’envoler avec mon rêve

ce rêve expression
d’un désir attendu
que reculent les limites du réel
serait-il
un idéal absolu inaccessible

ne pouvant être
il contrarie
le bonheur espéré

au-delà qui ordonne
le désir du rêve
ou la pure sagesse

Complice l’un et l’autre
souvent le délire l’emporte

abusé par
une évidente convoitise
la sagesse
n’a que peu de prise

je vois impuissant
ces oiseaux
emporter mon rêve

de la désillusion
peut naître le fiel
de l’amertume

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LIMITE

ô vous incertaine
sur l’autre rive

voici le grand moment
où les yeux respirent

ces yeux pleins de fièvre
qui disent à cœur ouvert
l’ivresse convoitée

allons dans un baiser
j’ai besoin sur mon visage
de votre souffle

à ces limites on a beau rêver
tout dépasse le rêve

je voudrais vivre dans vos rêves
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BONHEUR

le bonheur
ce thème existentiel
devient une frustration
liée à son absence

en chacun de nous
cette volition vit
dissimulé
abruti par l’ idée
volontariste du désir
d’être heureux

même Epicure nous dit
qu’il suffit de prendre
de bonnes décisions

pourtant
s’il est en nous
euphorique
énergie intense de vie
une onde de charme

l’envie de s’en délecter
émerge difficilement

briser la chaîne de l’ennui
dire et oser sa présence

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ÉBLOUISSEMENT

manifestation de l’âme
le bonheur est là
impérieux

qui s’anime

il vit en nous
silencieusement
comme un nuage
qui file
sur l’horizon

à l’heure
avouée
des choses
secrètes
silencieuses
intenses

il est
une vie questionnée
une vie accomplie

c’est oser se dire
l’éblouissement
d’être
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LE MERVEILLEUX

le merveilleux
nous éloigne des limites
où vit
notre quotidien

il est un rêve éveillé

une féerie
ivre d’une volupté discrète
une métamorphose de l’apparence

comme un rêve d’abeille
dans le coeur d’une rose
ivre de pollen

le merveilleux
est aussitôt grisé
du troublant qui le dévoile

mais il marque l’instant
où l’improbable
surgit

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MOT MAUDIT

le mauvais mot dit
mot maudit qui fait mal

oubliez tous ces mots
qui bafouent
les convenances

laissez vous
bercer au bonheur
des « mots» attentionnés

le« mot » excessif
devient douleur
à la moindre bassesse
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LE MOT

le cœur a ses silences
lLe « mot »

celui que l’on tait
est au cœur des non-dits
avec son épaisseur
inouïe

ce silence des mots
Sclérosés
asphyxiés dans l’apathie
accompagne
avec éloquence le cortège
des regrets
et des remords

entre le dire et le non dire
le possible est incertain

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LA GRÂCE D’UN ANGE

même endormie
tel un angelot
Le parfum de ton coeur
éclaire ton visage

éveillée ton rire
est toute la vie

tu souris
se faufilent dans ton rêve
mille merveilles

et sans savoir
tu nous arroses
de bonheur

tandis que sommeille
dans le bleu de tes yeux
un flux de tendresse

un espace
où la joie
ruisselle
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POSSIBILITÉ

ce réveil tôt le matin
dans la chambre des rêves
où se sont confondus

nos âmes
nos cœurs
nos corps

ne plus jamais gémir seul

à l’ impossible atteint
en rêve
le possible sera- t- il

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FAIRE LE PAS

on se jauge
dans les yeux

le regard est
disons par hasard
dans le vague

rien n’est dit
pourtant
cette fois ci

on sait

on va dormir ensemble

soudain on fait
semblant
d’un besoin
de sommeil

ça n’est pas
et ça se voit

c’est seulement
pour tranquilliser
l’autre et aussi
se rassurer soi même

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TRISTESSE

il est des tristesses sans but
sans cause sans nom
qui nous habitent sans raison
qui viennent de je ne sais où

ni pourquoi ni comment
rien ne nous fait besoin
rien ne nous intéresse
l’esprit se figé se désintéresse

tout est sombre insipide
le jour un puits de tristesse
la nuit un gouffre d’angoisse
le découragement guette

comme une ombre le soir
tel un rapace qui fonce
le dégoût nous saisit nous épie
c’est le fruit du désespoir

un présent inattendu
où la mélancolie
ruisselle

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ABANDON

Comment ne pas
se sentir abandonné
lorsque le fil se casse
lorsque plus un seul lien
ne vous relie à la berge

l’espoir devient angoisse
où l’inconscient va
du vivre au malaise

un sursaut de vie
distend l’instant
prolonge une vie
dans un subtil jeu
de incantation
qui inverse toutes
les certitudes

les non-dit sont
toujours pesants
dans leur grande
mansuétude
les dieux
assistent les gisants

Isolée
la permanence de la vie
est incertaine
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DÉSILLUSION

J’espère

un souvenir
heureux

dans mon jardin d’enfance
je le cherche en vain

une douleur y surgit
plus vrai que tous les mots
l’oubli est affreux
au fond du cœur

je cherche un bonheur
j’entends une douleur

Dante n’a-il pas dit
« qu’il n’est pire misère
qu’un souvenir heureux
dans les jours de douleur »

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SOUVENIR PLAINTIF

rêves évanouies
possibilités étouffées

est-ce utile de reparler
de ce charme divin
de ces idées folles
de cet appel aux larges souhaité
maintenant désamorcé

vague murmure
d’un souvenir qui se plaint

se lamente un esprit chagrin
ne peut se taire ces « choses »
troublants instants complices
se souvenant

des ondes devenues sourdes aphones
de vagues sons d’ennuis demeurent
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FUITE

J’ai la nuit pour silence
J’ai le jour pour pleurer
la voix les yeux se sont tus
ton sourire même à fuit

ô vous

qui enjambée la vie
vers un ailleurs ignoré

envol sublimé
d’une rupture

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INSTABILITÉ

elle séduit d’un regard
et n’ignore rien du vécu
mais elle vit en souffrance

elle inspire un parfum
parée avec grâce
de foulards de vent

Tapie comme une chatte
l’œil vigilant et fixe
devant sa proie

elle masque son âme
cachée au plus profond
d’une sombre grisaille

elle vit dans le trouble
obscure et nostalgique
la nudité de l’ombre

de ce bruissement
de la vie en rupture
naît l’instabilité
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AMNÉSIE

La mémoire perdue
Longtemps
murée dans l’oubli
peut-elle
ressuscitée des morts

de ce choc
émotionnel violent
trauma puits sans fond
elle tente
d’échapper au tombeau
des images égarées

faut-il modifier
les habitudes
ou
seulement
les aménager
pour combler le vide
des souvenirs sans mémoire

promis à l’oubli
est aussi l’oiselet
tombé de son nid

trop jeune et fragile
pour survivre
seul peut le sauver
une adoption
providentielle

rien n’est promis
à la mémoire
pas plus qu’à l’oiselet

au destin
sont suspendus
les aléas

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APPROCHE DU MOT

l’ approche du « mot »
perturbe
elle est désarroi
troublant tout équilibre

troubadour de l’espace
le « mot »court
après
l’ultime vérité
qui l’inspire

mais insaisissable

c’est
cueillir une météore en vol
planter une rose sur l’astéroïde

troublante envolée
vers les limites
du cessible
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ÉCLAT DU MOT

elles glissent des lèvres

ces myriades
de bulles
éclatant
au grand jour

effervescence
de la source
le « mot»
rompt
le silence

la montée des mots
sublime le dire

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NUIT

la nuit file
si rapidement

rien ne peut
la retenir

au cœur de la nuit

dois-je maudire
les mots de la nuit
les maux du démon de minuit
qui empêchent de m’endormir

l’inachevé veille
aux portes
du sommeil

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ÉVOCATION

Peut-être qu’on a un peu vieilli
Pour s’en aller sur la mer

Où l’horizon toujours recule

Il faut prendre maintenant
Le petit bateau
amarré contre la jetée

là où
sont accrochés
nos souvenirs
d’adolescent léger

et nos amours d’hier
tout aussi légères

Placide harmonie
De la vague tranquille

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ÉVENTUALITÉ

Il suffit d’un mot
d’une image

L’éclair d’un frémissement
La musique d’une ombre

pour que d’un gouffre
se reflète en une seconde
l’encre d’un baiser

pour que d’un souffle
s’attise a nouveau
les torches d’ un brasier
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SOUVENIR

dans les vestiges de ma mémoire
il me souvient
derrière le rideau de brume

d’une mer étale
remplissant tout l’espace

aux frissons des vagues
j’ai senti que le jour se levait

un jour nouveau

sous les embruns
la vague côtoie
l’infini des silences

tandis que

la fonte des glaces
dénonce
des séismes irréversibles

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CHUTE

désir un souffle
que revigore la vie
combien de temps
à l’horloge du temps
reste-il au souffle

l’arbre un jour venu
se dépouille
la feuille plus prompte
s’en va d’abord
feuille desséchée
elle va où le vent la pousse
et ne résiste plus

et puis c’est la branche
et le tronc aussi

la cognée achève l’ouvrage

toute vie a sa fin
telle est l’extrême
au seuil de la vie
——————————————————————————————-

SOUHAIT

un souffle de vie
qui rend l’âme

mourir

mais d’avoir trop vécu

Au souffle de ma vie
écrire encore
tous ces mots réunis
comme poème

mon dernier souffle
pour vous dire

glisser un papier
aussi un crayon
pour vous écrire
d’en haut

suis-je sot
c’est la crémation
que je désire

s’il est une âme
elle vous fera signe

brève envolée
dans le jardin
des souvenirs

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LE DEVENIR

mystère de la vie
que devenons-nous
notre vie passée

la feuille
à l’automne tombée

le papillon
après son éphémère vie

quand finit l’été
que font les pétales de rose
que devient la rose
poussière d’étoile
qui peut me dire

faut-il croire en Dieu
pour que soit un prolongement
pour que soit un paradis
———————————————————————————————-

REGRETS ET REMORDS

sur l’aile du chagrin
fréquemment perlé
d’une larme de rosée
voyage le« remords »
accompagné du « regret »

le remords est reproche
de la conscience
alors qu’on se perd
en regrets inutiles
pourtant
l’un et l’autre
passent leur nuit
ronger par l’insomnie

le regret s’effrite
volontiers avec le temps
le remords s’ancre
aux basques du souvenir

du jugement dernier
seigneur dois-je craindre
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SYMBOLE

Ce rai de lumière
Sitôt l’averse
Troue l’espace
Du violet au rouge
C’est l’arc en ciel

L’alpha et l’oméga
Le premier et le dernier
Le commencement et la fin

Sagesse multicolore des dieux
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ALLUSION

comme devaient être
troublante et
mystérieuse
autrefois
la terre vierge
et la lune toute nue
lascivement exposée

avant que la science
de jour en jour
recule les limites
du merveilleux
dépouille l’imagination
en surprenant l’invisible

l’inexpliqué
devient explicable

l’étoile attend
lorsque le soleil
viendra les rejoindre
alors sera la fin
de notre espace- temps

———————————————————————————————

CHEMINS ALÉATOIRES

«ces chemins qui ne mènent nulle part….. »
ces chemins qui vont ailleurs

chemins incertains, improbables
pourtant
empruntés quelquefois

jonchés d’ornières
ils sont impraticables
ils ne sont qu’un détour
qu’un prétexte
pour s’échapper
ou fuir un obstacle

ces chemins là qui ne vont nulle part
il faut s’en méfier
ces chemins
qui vous ramènent au point de départ

démystifier et
dessiller vos yeux
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CHERCHER LE DIVIN

aller
des racines aux feuillages
musarder
de branches en branches

chercher
le rayon du soleil
qui réchauffe irradie
et soulève la nature

chercher
sur les sentes ombragées
où des mousses poussent
dans l’humidité du matin
la grâce aillée de l’oiseau

chercher
le bonheur d’un grand chêne
et s’ancrer au désir de vivre
comme le gui en être solidaire
et atteindre la sagesse

aller
dans un voyage spirituel
pour y croiser le divin
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MÉMOIRE DU RÊVE

de mon rêve
la mémoire n’a retenu
qu’un souffle indéfini
un miroir sans tain
où rien ne subsiste

qu’une musique syncopée
comme la vague
qu’un voile de douceur
accrocher à un lambeau
de ciel proche de l’éternité
qu’un râle de bonheur
sur l’arc de l’horizon
endeuillé de solitude

la mémoire intuitive
subtile et profonde
peut-elle restituer

ces rêves disparus
dans l’effacement

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