AUTOUR DE LA METEMPSYCOSE

Jacques Basse

Autour de la
MÉTEMPSYCOSE

Du même auteur
———————
Portraits Personnalités Éditions Mondial Livres. Livre Numéroté
Poésie Recueil Poésie Encre vives
Poésie Recueil Questionnement Mondial livre.
Poésie Recueil Frisson d’un souffle Mondial livre
Poésie Recueil Souffle de Poésie Encres Vives
Poésie Recueil La Courbe d’un Souffle Éditions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Mots Roses Parfois Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Rumeurs du Cœur Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Echos et Murmures Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Le temps des résonances Éditions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Oscillation du baiser Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Seule est la Solitude Société des Ecrivains
Poésie Recueil l’instant de tous les possibles Edilivre
Poésie Recueil « Pêle-mêle, ces choses de l’âme,…. »
EditionCreatspace–USA-

Anthologie en 6 volumes-Visages de Poésie Editions Rafael de Surtis
Monographies de 10 poètes :Temple,Joubert,Poliquen,Couvé,Tardif…
Anthologie Grall parmi les siens Editions Rafael de Surtis
Anthologie Vague de Poètes en Méditerranée Editions Rafael de Surtis
Anthologie Poètes Turcs Editions Cap Bear
Traduit en Turc par le Poète Paksoy Kadir Editions Çağdaş Türk Dili

Jacques BASSE Peintre, Poète, né en 1934, à Toulouse. Vit à Nîmes
Membre de la Maison de la Poésie de Montpellier.
Adhérent des auteurs du Languedoc Roussillon.
————————————————————————
Avant-propos

Cet avant-propos pour tenter d’approcher par ce petit recueil, «pamphlet», quelques éléments qui nous échappent, et qui font partie du grand mystère de la Vie et de la Mort, avec la présence incertaine d’un Dieu !
Quelle différence faut-il faire entre la réincarnation et la métempsycose (ou métempsychose) et quels sont leurs liens avec la réalité telle que nous la percevons dans la vie ? La métensomatose désigne le passage d’un corps à un autre, et non d’une âme qui va d’un corps à un autre. Si la réincarnation représente la transmigration de l’âme à un autre être humain, la métempsycose, elle, voit aussi la possibilité d’une transmigration de l’âme humaine dans un autre monde le minéral, le végétal ou animal.
À la lumière de faits troublants, de citations extraites de l’Ancien et Nouveau Testament, on pourrait en déduire contrairement à certaines idées reçues, que la notion de réincarnation n’a jamais été condamnée par aucun concile chrétien. Son existence est d’ailleurs affirmée implicitement et confirmée par les manuscrits anciens. Notamment les passages concernant, les guérisons et les délivrances, ces Miracles étaient instantanés et l’effet des commandements («lève-toi et marche») était immédiat. Dans chacun des versets, nous retrouvons les expressions « aussitôt », ou encore « immédiatement » : Mathieu, Luc, Jean. La liste est impressionnante ! Que dire de (« l’aveugle de naissance ») que retrace l’Evangile de St Jean ?
En Orient, à la notion de « Karma », correspond dans l’occident chrétien à celle de « réparation », telle que Saint François d’Assise l’a incarnée. N’est-ce pas un Allemand un des principaux mystiques, Jakob Böhme, qui qualifiait le Christ de «Réparateur» ?
Si l’église latine a dissimulé cette question, c’est parce que croire en la possibilité de plusieurs incarnations successives fragiliserait forcément toute forme d’autorité temporelle. Ainsi à travers ce sujet captivant, se poserait la question du rapport à l’Espace-temps. Le passé, le présent et le futur ne seraient qu’une douce illusion nous vivrions dans un Eternel Présent. Ainsi le monde qui se manifeste à travers celui-ci est notre «condition humaine». La vie telle que nous la percevons ne serait qu’une étape, que nous quitterions pour rejoindre les âmes défuntes.
En conclusion, ces petits textes ne sont en rien un catéchisme cherchant à convaincre, mais seulement un prétexte pour dire combien, quelques-uns d’entre nous peuvent, dans leur propre existence, s’en trouver ébranlés !
J.B.
———————————————
———————————————
1

Précepte qui interroge

c’est dans la métempsycose
que l’âme se dépose
le cœur parfois s’y oppose

à l’occasion la raison ose
ce que la conviction arrose

confusion qui propose
qu’une preuve s’expose
en virtuose

la métempsycose s’y propose

celui qui pense à raison qu’une chose
au delà de l’espace sensible existe
une vérité qui serait en toute chose
doit ajuster la vision qui l’excite
pour trouver dans le divin cette chose
——————————————-
2

Puissance toute divine
sauve l’insigne glabre
celui qui déjà se ravine
et dont l’âme se délabre

ô que ce vivre est méprisable
cette souffrance insupportable
dès lors qu’elle se voue
dans la convoitise la plus floue
à des substances salaces
ô ce vivre qui n’est que fugace

peut-elle la palingénésie
éloigner l’envie inassouvie

peut-elle redonner ce plaisir
celui de vivre le désir
dans la plénitude
exempte d’inquiétude

la métempsycose
reste infinie dans l’espace et le temps
Orphée et Platon sur la chose
se sont interrogés dans l’ancien temps

cet insistant silence
effraie par sa persistance
———————————————–
3

La métempsycose ne fera pas de drame
L’abbé Julio pourrait dire ce mélodrame

l’abstinence
et la foi habite
une nostalgie en latence
souffle d’une crise subite

lorsque l’empathie
inévitable prend l’air
de l’esprit surgit
tout ce qui se fait chair

l’âme glisse dans le vide
forcément elle se dévide
la pensée se soulève
au désir avide qui se révèle

même une émotion s’y glisse
aussi pure qu’une esquisse

fidèle à la pensée à son âme
sans sombrer au mélodrame
il reste lié à ses convictions
la foi dans la réincarnation

au vertige de l’être
insidieusement une voix pénètre
————————————————
4

La métempsycose dans l’au-delà
est-elle l’espérance qui tend au nirvana

ce que nous recherchons
n’est-il pas ailleurs
pour en extraire le meilleur
il faut combattre toutes nos faiblesses
avec hardiesse

c’est peut-être là – vraiment – la Sagesse

passer d’une vie hautaine
à une indulgence sans haine
saisir du juste la bienveillance
qui force la main de la tempérance
passer avec beaucoup de tolérance
dans cette vie de transhumance

c’est peut-être là – vraiment – la Vertu

le bonheur état durable
de satisfaction agréable
à l’esprit est certitude
d’une plénitude

le cœur en équilibre
afin de pouvoir dire

de manière sereine
j’aime

c’est peut-être là – vraiment – le Bonheur

l’hypothèse du Samsara
et la doctrine du Karma
fournissent un argument
étayant ces éléments

les exégètes religieux
déjà disaient avant l’heure
on ne vit pas pour être heureux
mais on vit grâce au bonheur

l’âme sensible à cette humeur
enjouée changera de bord
même pour aborder la mort

l’irrationnel veille dans l’ailleurs
————————————————
5

Pour certains le plaisir
est de chair pour fuir
les appels les soupirs
que le rêve ne peut assouvir

ceux qui aiment taire
épousent toujours
le souffle court
des plaisirs solitaires

concupiscents évanescents

voilà l’intime de certains
pour le moins peu puritains

pour eux est vain le rêve
point ne sera de trêve

s’écarter de ce gouffre qui dégénère
roulant sur la paroi du vertige
au risque d’y perdre l’équilibre

pour eux souhaiter une osmose
pour gérer ce qu’il n’ose
cette transition se propose

est une fulgurance la vie en rupture
———————————————
6

Il m’en souvient
de ce soutien
tu étais ravie
moi j’avais envie

t’en souviens-tu
de mon « anima » nu
déjà je sentais ô mère
ce bonheur éphémère

très vite on se consomme
pour ce que nous sommes
abrutis par l’anathème
vois toi-même

le bonheur aurait-il son vice
qui nous échappe et glisse

pourtant Epicure nous le dit
avancer cela vous suffit

de cette onde de charme
l’envie de s’en délecter désarme

tous deux euphoriques
tous deux pathétiques

je pense au bien que tu m’as fait
et nous n’étions pas parfaits
toi
inaccessible
cachée dans tes voiles
moi
impassible
toujours dans les étoiles
————————————————-
7

Vivre des chants d’ombre
ô triste vallon des pleurs
toi promeneur de l’ombre
sont là toutes les douleurs

mais il est un son ultime
souviens-toi l’osmose
née de la métempsycose
celle qui anime l’intime

connue du pétale incarnat
perle de rosée de l’osmose
qui par la métamorphose
pense atteindre le nirvana

faut-il y croire la suivre
ou alors devoir la bannir
au risque de subir le pire
que faut-il devoir choisir

fuyons cette ombre légère
allons là où sont nos pères
y goûter le délice des cieux
là reposent tous nos aïeux

dans cet espace stellaire
flotte un repos séculaire
renaît la rose pour fleurir
au jardin des souvenirs

le promeneur de l’ombre
l’a rejoint sans encombre
oublieux de tous ses pleurs
qui ont bercé ses douleurs

la pensée est ce pétale de l’existence
—————————————————
8

Fuir la complicité légère
je crois à la résurrection
je tente la réincarnation
allons où vont nos frères

pour ceux dont l’ivresse
au cerveau est remontée
les plaisirs et l’allégresse
sont mensonges et vanité

enivre toi plutôt de la rose
admet celle déjà fanée ose
le souffle encor est beauté
et le pétale encor parfumé

le cœur soulagé du geste
rencontre là une solution
il espère la réincarnation
l’âme ravie ne manifeste
———————————————–
9

Il est des frissons qui sont une prémonition
serait-ce l’angoisse qui projette l’idée d’une mutation
telle l’idée d’une réincarnation

j’évoque là un pan de vie solitaire
qui réunit des émotions ordinaires

trop loin de moi si loin
y sont là des rêves et des rêves si réjouis
je fais le compte dans ces moments des amis

loin de moi si loin
mais certains ont levé l’ancre de l’ennui
et les autres ne durent que dans l’oubli

loin de moi trop loin
que dire à ces adorables que j’ai chéries
que leur parfum intime persiste dans mes nuits

loin de moi trop loin
je leur voue toute la tendresse d’un ami
et je les aime à l’infini comme il se dit

loin de moi trop loin
ô j’aime encore cette voix douce infléchie
ce calice où j’ai bu tant de baisers infinis

très près de moi bien près…mais si loin

le soleil là
qui décroît sur mon horizon

un charme douloureux d’arrière-saison
oh que soit possible une réincarnation

au jardin des souvenirs
flotte l’âme en devenir
————————————————-
10

Ma vie qui fut une galère
mais si funèbre
qu’en secret le silence
se pare d’indifférence

je me détache d’elle
le dogme qui gère les réjouissances
de l’âme pourtant immortelle
fête sa renaissance

le bouddhisme
du samsara guide l’hypothèse
cohérente mais incontrôlable est la thèse

dans la doctrine du karma invérifiable
la croyance qui y survit n’est plus fiable

dans son discours Aristote nous dit
ici tout nous charme
en deux parts égales au cosmos est l’âme
l’esprit y préexiste au corps et lui survit

sont d’autres idées
qui à l’âme laissent le choix de sa destinée

mais l’homme sera-t-il toujours prédestiné
à l’absence d’un dieu qui nous est destiné

ô fin à ce cortège d’absences répétées
——————————————–
11

La folie de l’extrême
condamne le délire
d’où naît le déséquilibre

alors que l’inattendu entraîne
la beauté que la crainte déshonore
un malheur y soupire et se draine

la fulgurante ferveur
de cette déchéance mystifie
les souvenirs vécus du bonheur

détournée par la -blanche – horreur
il ne reste d’antan de ce cœur
qu’une douce amère splendeur

l’obscure clarté pragmatique
n’y est qu’une illusion d’optique

mais l’intime
vécu par une telle souffrance
pleure l’âme pubère vaincue par l’errance

ô ce sourire d’enfant
se consumant

ô cette douceur enfantine
perdue dans les sentines

que soit un souffle d’osmose
vers une métempsycose

même le silence
au dernier souffle
retient son souffle
longue sera l’absence

l’éternité

sans fin ni commencement
——————————————–
12

Aussi vite que la lumière
naît l’étincelle du mystère

toujours plane une écoute
dans les abîmes du doute

pourtant

les âmes iront vers la renaissance
dont nul ne verra la naissance

à chaque échange l’abîme se creuse
de manière toujours plus audacieuse
——————————————–
13

L’arc en ciel
accouche de l’espace
dans un rai de lumière
du violet au rouge

l’alpha et l’oméga
le premier et le dernier
le commencement et la fin
l’infinitude et la vastitude
s’y confondent

est-ce une osmose

celle qui annonce une mutation
d’une profonde transformation

où la couleur de l’arc-en-ciel
incarnat de vermeil
encorbellement d’oriel
cristaux de soleil

est ce prisme dans l’air
aux sept couleurs solaires
amalgame de neige et pluie
de cristal poli

serait-ce
la sagesse multicolore des Dieux


la transparence magnifie la lumière des lieux
———————————————–
14

Au fond de la grotte
peut y vivre une âme

un frisson d’aise imprévu s’en réclame

il enveloppe la réincarnation
met en cause le doute
et s’interroge dès lors sur l’osmose

Pythagore et Platon nous disent que l’âme
n’a aucun souvenir
de ce qu’elle a pu faire et dire

mais au berceau de l’amour
les souvenirs y sont de velours

de cette douce affection n’aurais-je plus trace
y penser qu’un instant voilà qui me tracasse

plus réaliste est Epicure
de cet état il n’a cure
car mourir n’est rien

et – Rien –
ne peut être une crainte en somme
——————————————-
15

Plaît-il une autre vie m’aurait-elle habitée
aurais-je diverses fois poussé le premier cri
m’en souviendrais-je d’avoir vécu tout ceci
que doit-on dire à ces âmes ainsi outragées

ai-je été dans l’ancien temps l’apothicaire
vendeur d’onguents sur les places du Caire
centurion de la Rome pauvre hère au Mali
dresseur de tigres dans le cirque au Bengali

ou bien un distingué docteur es philosophie
ou souffleur de verre ou pauvre syphilitique
jazz man a Broadway ou religieux mystique
contrebandier pêcheur de perle en Ethiopie

conscient de ne connaître rien de ce mystère
l’heure venue je serai là où renaît la matière
pour vivre la réincarnation qu’une nécrose
à l’ultime systole propose à la métempsycose
———————————————
16

Ô nuit des métamorphoses
toi
qui n’ignore rien de la pierre céleste

tu respires l’ailleurs
la certitude qui évide et creuse
le profond de la vie

tu cherches cet « ailleurs »

quête incertaine
où la réponse obscure
peut être vérité

sombre grisaille d’une vie
où repose en rupture
une âme à l’agonie

tu vas renaître à l’étincelle de la vérité
par une métamorphose
qui se grave dans la durée

mais
l’instant d’après sera ce même présent

——————————————
17

Au seuil de la réincarnation
l’âme plonge dans les émotions

pour accéder à la délivrance
elle doit se détacher
de tous ces bleus en souffrance
elle devra s’en séparer

se réincarner en changeant
son enveloppe par une mue appropriée
déjà l’osmose péremptoire se met en avant

Pythagore qui croit en l’éternité
prône la réincarnation

trébuche là ma suspicion

et toujours pas de manifestation
d’un Dieu en ces lieux

souveraine l’osmose
ordonne en somme
——————————————-
18

L’œil est devenu plus clair
plus clair que le clair du ciel

s’est détourné le pouvoir de l’indigne hyène
que son sinistre regard plus jamais ne vienne
fasse qu’elle s’en souvienne

on ne rend jamais les armes par peur
c’est y perdre son honneur
il faut se battre et se battre à toute heure

et savoir rester humble en vainqueur
l’amour donne de l’esprit aux hommes
ce qui charme les femmes en somme

souvenons-nous
sans courroux

le front brille de mille feux et flamboie
tandis que l’orage noir de feux guerroie

alors
quand un cœur
près de l’âme bat la chamade
plein de frissons nomades

se prépare une osmose
qui mène à la métempsycose

heureux d’être dans la peau du héraut qui ose
restons sereins sur la voie de cette métamorphose

mais soyons précautionneux
peut naître une épine à la rose

il faut souvent être suspicieux
face au buisson des roses

s’évacue dans un regain
l’esprit du dédain
——————————————
19

Ainsi
iraient vers Dieu les âmes au trépas

mais où sont celles
déjà parties vers l’au-delà

souvent j’ai médité sur cet échange de vie
et vivre cette expérience me donne envie

est souveraine la métempsycose

toi le philosophe
qui comprend mes raisons

ta sagesse m’incite à poursuivre tes leçons
sauf à penser que je renaisse en une tortue

mais il n’est pas l’heure de toute façon
ni le temps vois-tu

à celui qui irait voir ma maison
y trouvera l’indicible charme d’antan et la raison

l’indicible fini n’est-il pas un mystère dicible à l’infini
qui n’a pas d’existence dans l’infini
————————————————
20

Peut être un jour
irai-je prendre corps
dans un autre corps
parfaitement inconnu

alors
j’apprendrai le sublime de l’osmose
yeux grands ouverts sur la métempsycose
pour renaître
j’attendrai l’heure j’aurai cette patience
il n’y a aucune urgence

j’irai pour contempler
la beauté virginale qui danse
dans le ciel de l’auguste voûte de la vastitude

pour y voir aussi l’âme par delà les espaces célèbres
perchée sur une étoile des ténèbres

pour humer les soleils des bleus éthers
et goûter de loin la caresse infinie de la terre

même si tout n’est rien il est des raisons d’être
———————————————–
21

Je ne suis qu’un corps errant
qui suce sa vie
qui pense sans envie
au futur à contre-courant

même les saisons cet espace de charme
me déséquilibre et me désarme

je suis comme l’orphelin meurtri
qui vit dans l’oubli

je n’attends rien de la charité ni des usages
non plus des gens du voisinage
ô désespérance

ni du pas incertain de la componction
lorsque l’horizon a ce goût de contrition
ô répugnance

jamais l’homme ne sort indemne d’une bataille
et s’il lui arrive parfois de récolter une médaille

par vanité
soyez assuré qu’au revers elle sera portée

quand l’âme se détache du corps avec aisance
c’est pour une réincarnation
dont nul ne suivra la naissance

tel un son inaudible mais où sont nos élucubrations
—————————————————-
22

Au bord du gouffre de l’incertitude
se repose en désespérance la solitude
que berce nonchalante une respiration
à la recherche de l’inspiration

insolite l’instant incertain
rythme le présent quotidien

seule la beauté permet de suivre
combien l’imaginaire ivre
est utile et nécessaire
le vil seul est son adversaire

déjà Platon savait dans sa grotte
que les zones d’ombre sont les hôtes
des hommes communs des mortels
son banquet devint immortel

l’amour constitue la nature
de sorte que le plaisir qu’il procure
doit favoriser son agrément
jamais il ne doit porter au dérèglement

tous les jours sont ivres d’illusion
le pari de Pascal est-il désillusion
de Platon je retiens l’ivresse de la sagesse
de Pascal le raisonnement et la justesse

la raison est bien repartie
Pascal nous le dit dans son pari
Il dit aussi ne rien faire pour le certain
et ne rien faire pour Dieu qui est incertain

insolente est l’incertitude
qui se berce dans la solitude
alors que l’inspiration
cherche sa respiration

l’ambigüité est suspendue au vide du temps
———————————————–
23

A notre temps alloué
que ne puisse s’ajouter
un temps de vie
de chair et d’esprit
infini

est à espérer sur cette terre
une survie par une osmose
la métempsycose
évitant les enfers

courir
pour rattraper l’avenir
remonter l‘échelle des âges
usurpant tous les usages

par une folle poursuite
sur cette lumière en fuite
faire une escale au présent
indicatif de l’horloge du temps

est immense l’espace
de ce rêve merveilleux
avec ces soleils de feu
et son monde de glace

s’essouffle la corne d’olifant
vibrante d’un son triomphant

alors dans l’immédiateté
l’osmose est une aubaine
elle a cette foi souveraine
qui fait vaciller le non révélé

dire que rien ne change est absurde
pourtant rien ne change
——————————————–
24

Ces injonctions qui ne mènent nulle part
ces péroraisons qui sont au départ
incertaines improbables

pourtant
empruntées quelquefois

jonchées de méprises
elles sont incomprises
elles ne sont qu’un prétexte peu sûr
pour fuir un oracle obscur

ces prières là sans destination précise
s’en méfier elles n’ont pas de gloire
à vous ramener au point d’assise

ces prières aléatoires
qui proposent
par une osmose
une métamorphose

démystifier
et dessiller vos yeux
soyez suspicieux
envisagez au mieux

une catharsis met l’accent
sur le souhait de l’impénitent

qui par la contemplation
a la volonté et l’intention
de créer un lieu de vraie beauté
là est peut-être une vérité

heureux qui a fait ce long voyage
paix à celui qui a fait cette prière louable
mais qui creuse l’abîme davantage
————————————————-
25

Dans un élan sublime une osmose
peut-elle toujours quelque chose
faire renaître de grands hommes
par une réincarnation en somme

étranger à tout esprit religieux
lui qui se refuse à penser à Dieu
il ne cessa de dire son distique fameux
l’éternel m’encombre et suis suspicieux

c’est pour lui une certitude
car au-delà il n’est qu’incertitudes
il a interrogé la nature heureuse
elle est demeurée muette silencieuse
mais il lui est impossible parbleu
de nier l’existence de ce Dieu

le connaître il est impossible
et il rejette toute résurrection possible

s’il reste attaché au déisme
il dénonce comme un camouflet
Saint Augustin et son providentialisme
candide il y riposte par un rejet
en réponse au concept formulé

pourquoi existe-t-il tant de mal
tout étant enfanté par un Dieu
là où les théistes avec beaucoup de mal
se sont accordés à y trouver du mieux

enfin comme certain l’on chanté
la croyance en un Dieu est salutaire
sur le plan moral social et utilitaire
si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer

on lui attribue aussi un beau phrasé
« nous pouvons si vous le désirez
de l’existence de Dieu parler n’est-ce pas
mais comme envie je n’ai pas
d’être dans mon sommeil égorgé souffrez
que je donne au préalable congé
à mes domestiques et gens employés »

vous en souvient-il de celui-ci
il brilla de mille étincelles jadis

au siècle des lumières il est uni
c’est de Voltaire dont il s’agit
plaise aux Dieux
qu’une réincarnation ait eu lieu
——————————————–
26

Ce rai de lumière
troue
l’espace

mystique éclat
d’un
arc en ciel

du violet au rouge

l’alpha et l’oméga
le premier et le dernier
le commencement et la fin

des Dieux sagesse multicolore

ou bien pour l’homme
seulement une belle métamorphose
———————————————–
27

Ne peut être niée l’évidence
la mort ne vit pas
ni ne meurt puisque sans existence
mais où se situe-t-elle

dans le néant
qui nous enveloppe

le concept n’y résiste pas
cette abstraction effraie

la critique n’y échappe pas
la métempsycose est-elle vraie

seul Dieu pourrait rassurer
s’il est
——————————————-
28

Le cours des temps
nous traîne dans son étiage
et nous promène dans son sillage
comme poussière de printemps

mais le temps n’a pas d’espace
seule l’horloge nous dit qu’il fuit
disparaîtrons-nous ainsi
sans laisser de traces

tel un fossile moulé
pour l’éternité

dans la mémoire du temps
des traces de notre vie
n’auraient-elles suivies
que les pas du printemps

ou

notre passage paisible
sur la portée du tangible
serait-il complice
d’une osmose curatrice

une interrogation qui
peut être une utopie
———————————————-
29

Il existe dans l’espace
une fissure une crevasse

où un sablier ne se lasse
insensible de couler le sable

depuis la nuit des temps
seul le conduit le présent
jamais il ne remonte le temps

il déverse son flot insaisissable
de temps sans état d’âme inlassable
il va à son rythme infatigable

la fuite du temps depuis les origines
cherche toujours son repère
insuffisant est Dieu le père

mais nous les pauvres humains
espérons mais en vain
que cesse ce dédain
———————————————–
30

Enthousiaste une nuit de clair de lune j’ai observé
les étoiles que je n’ai pu compter
ô ces perles d’argent glacées
bordées d’éternité

où l’immensité obscure de la nuit se combine
à l’immédiat présent qui l’anime
ô douce nuit qui affine
le doute d’une énigme

à tous ceux qui butent sur ce sujet unique
où le réel s’avère plus cynique
fallacieuse est la symbolique
mais la foi ne s’explique

pour d’autres idées ils se sont métamorphosés
eux dont l’osmose a conquis la pensée
où l’allégorique foi est ourlée
d’une sereine beauté

les diaprures d’une promesse de la voute allèchent
mais l’éternel supplice reste sur la brèche
Dieu qui a construit cette crèche
c’est lui qu’on cherche

l’apôtre Thomas Addai le prêche au pays de Gandhi
lui doute de la résurrection de Jésus Christ
alors la raison court vers l’utopie
Dieu est-il prophète de l’ironie
———————————————
31

Si un jugement dans l’univers invisible
existe dans les interstices d’un possible
s’y risquer dans cet espace de l’éternité
est infiniment périlleux pour la pensée

s’y distingue plusieurs types de langages
l’un bien au-dessus de nous s’en dégage
l’autre plus simple est celui que l’homme
utilise il nous suffit là où nous sommes

l’autre de l’ordre du surnaturel immense
langue spirituelle propre à l’intelligence
qui explique toutes choses de l’existence

elle peut aborder tout de la métamorphose
peut raisonner sur les effets et les causes
de l’osmose qui mène à la métempsycose

elle est propre au philosophe au savant
pour la manier il faut être très prudent
Descartes Rousseau Pascal et consort
au siècle des lumières Voltaire le mentor
————————————————
32

Ô ces rais de soleil pur bonheur de ma vie
qui firent à mon amour des échos d’envie
j’eu l’opportunité de m’épanouir un temps
près d’une rose qui jadis fut l’air du temps

comme il est agréable de vivre ainsi la vie
quand vous sourit une rose d’amour, ravie
la rose, dont les effluves arrosent le temps
qui sitôt éclose embaume tout le printemps

alors que le temps passé ne se rattrape plus
les aléas surgissent car fleure l’indolence
de la rose qui dort dans l’espace du silence

fragile est la rose dont le tuteur n’y est plus
elle reste émouvante dans son indifférence
l’équation de l’âge pointe sa pré-sénescence

les augures qui y voient une métempsycose
s’affairent pour sauver le souffle de la rose
que ces auspices parviennent à l’apothéose
————————————————
33

Le fil du réel s’étire sous la poussée des choses
signes de l’immanence matière de toute chose
à ce dieu défaillant se propose
une métamorphose

le message que nous laisse Platon
est le plus pur et le moins abscons
il a su disperser l’ombre de l’illusion
chez Plotin y brille la même vision

ce platonicien qui ressemble à Platon
dont on pourrait bien dire avec raison
qu’il aurait pu vivre sous le même horizon
tant ils ont de cette chose la même position

de la métempsycose ils voient d’autres flammes
celle de la préexistence de l’immortalité de l’âme
et celle de la dualité entre le corps et l’âme

mais la métempsycose
n’exige pas forcément la croyance
en la rétribution des âmes

on peut imaginer une métempsycose
venant du hasard de bien des choses
c’est ce que pense Pythagore
et l’idée nous revigore

elle peut venir de vie de même parenté
qu’elle soit humaine voire apparentée
animale végétale. et même minérale
n’est-ce pas génial
———————————————-
34

Qu’il me soit dévoilé pourquoi la lumière
brille avec autant d’excès et d’ostentation
serait-ce ces cailloux qui font une carrière
sortis de la fange ils forcent l’approbation

rutilants bijoux montés par des lapidaires
qui se portent aux doigts avec ravissement
resteront à jamais que des biens vulgaires
la vraie richesse ne peut être cet ornement

plus palpitante est la naissance du monde
quand l’indicible joyau recueille l’osmose
de l’ineffable beauté du cœur qui l’inonde

quand la métempsycose survole ce monde
tes yeux restent éblouissants car ils osent
être aussi brillants qu’une opale profonde
————————————————–
35

Aller
des racines au feuillage
musarder
de branche en branche

chercher
le bonheur d’un grand chêne
et s’ancrer au désir de vivre
comme le gui en être solidaire
et atteindre la sagesse

aller
dans un voyage spirituel
pour y croiser le divin

tôt le matin quand le jour se lève
j’aime à croiser ce rayon de soleil

qui réchauffe irradie soulève
toute la nature dans son sommeil

j’y vois la grâce ailée de l’oiseau
sur le voile mouillé des ruisseaux

et la senteur humide des mousses
qui le matin sous les arbres poussent

mais j’aime particulièrement aller
sous le grand chêne séculier

aller musarder dans ses racines
pour approcher la voie divine

il me souvient que justice s’y fit
sous le chêne par Saint Louis
——————————————-
36

Avez-vous croisé l’ami il s’appelle Félix
lui qui avait quelquefois des idées fixes
il est très charmant il m’a même rappelé
que jadis nous nous sommes rencontrés

l’œil vif le poil luisant il est Félix le chat
souvent il s’agite faisant des entrechats
son miaulement curieux est un mélange
de sons bizarres le rendent très étrange

l’esprit curieux qu’il montre dérange
souvent il feinte une ire qui le démange
sûrement né dans la gouttière de la cité
serait-il un chat migrant de l’antiquité

chacun sait que dans l’antique Egypte
il a sa place dans la pyramide des dieux
et son âme s’y réincarne dans ces lieux
il est sacré et enterré là dans les cryptes

sa mine si triste paraît faire comprendre
qu’il aurait un message à faire entendre
fut-il la victime d’une mythique osmose
est-il sensible au désir de revivre la chose

j’y vois la présence d’une métempsycose
et le feu de ses yeux en dit quelque chose
Baudelaire remarque qu’il est troublant
Apollinaire a observé ce même sentiment

le chat m’inspire il est nôtre ami en titre
j’ai pour lui le désir de le mettre en piste
comme le fit le grec Apthone le fabuliste
Perrault lui a bien consacré un chapitre
————————————————
37

L’âme est silencieuse
sous l’écorce de l’arbre
légère comme un souffle
elle s’épanouit dans le sublime

elle est aussi fragile
que la mémoire qui la retient

elle est une entité abstraite
tiraillée entre
l’«être» et le «non être»

quelle étrange avancée
au trouble silencieux
sur la portée des croyances

un certain silence sert la mémoire

ce vieil arbre qui se tord
qui maintenant s’affole
lorsque le vent batifole

il a ce gémir qui émeut
qui vient de son âme
surprenant un aveu

car dieu qui l’oublie
laisse place à autre chose
une probable métempsycose
———————————————–
38

Infatigable inégalable
l’incessante activité
de ces abeilles

butinant toujours
de fleur en fleur
le pollen odorant

sa tasse de thé
est le tilleul les lavandes
et les genêts

mais elle ne renie en rien
l’aubépine l’amandier
la fleur du pré

ni la fleur cueillie
qui dans le vase repose
ou un fond de tasse de café

quelle leçon de démocratie
donne au monde les abeilles
tout s’y vit sans un compromis

ont-elles subi une osmose
qui en serait la cause
je reste surpris devant ces choses

car ici bas tout a ses lois
même les abeilles cela se voit
suivent d’un bon aloi
———————————————
39

Fulgurante nativité
peut-être due à une métempsycose

Pourquoi Noël n’aurait-il pas aussi son rêve ?

Il est depuis la nuit des temps sacro-saint,
festif et contemplatif, il vit en nous
Des grands aux petits, tous en rêvent

Sont là
Le sapin, le houx, les boules, les guirlandes,
le Père Noël, et bien sûr, les cadeaux.

Mais aussi,
croyant ou athée, ou bien agnostique,
« le Petit Jésus », et son cortège de Mages.

Ô, qu’il est grand le mystère de la nativité céleste,
où se trouve
nichée, toute la symbolique d’un rêve !

Le voilà au rendez-vous ! Il neige !
Les griffes de l’hiver sont sur l’horizon.
L’ombre se déroule au crépuscule,
où l’oiseau s’est retiré sous les futaies.

La chouette chevêche de la déesse Athéna,
dont Homère dit ces yeux d’or
à la cime d’un sapin,
seule, immobile comme une étoile,
chante ce rêve !

L’Alléluia de l’allégresse.

Seul s’entend l’écho,
d’un silence profond.
étouffé par le manteau de givre,

Le rêve ici enchante
avec Dieu…S’il est !

Fulgurante nativité,
que côtoie
l’ambiguïté du rêve !
———————————————
40

A l’idée d’un centre de l’univers
qui a toujours fasciné

nous sommes constamment confrontés
beaucoup d’hypothèses se sont croisées

pour certain
le centre était le soleil ou la terre
ou bien dieu

pour d’autres
même l’homme en fut le milieu

jusqu’à ce qu’ils découvrent ces hommes
qu’il n’existe point de centre en somme

se découvre l’osmose
qui cache une métempsycose

le fortuit recherche s’il est un dieu
mais rien ne dit qu’il soit là au milieu
————————————————
41

Je voudrais entendre
et comprendre
ce que tout être
aimerait connaître

qu’y a-t-il derrière l’espace
qui toujours nous dépasse
qu’y a-t-il derrière le temps
qui jamais ne nous attend

ô toi le divin qui perpétuellement
va et vient derrière et devant
tu dois bien connaître les dessous
puisque tu es au-dessus de tout

de l’espace qu’elle est la profondeur
du temps la longueur
même leur âge
même l’heure du partage

j’aimerais tout savoir
de ce qui est éternel
de ce qui est intemporel

une résurrection une réincarnation
sont-elles possibles par une osmose
peut-elle engendrer cette chose
qu’en est-il de la métempsycose

j’aimerais tout savoir
de toi-même mais aussi de moi
———————————————-
42

Parvenus du cosmos jusqu’ici
nous étions persuadés habiter
sur un univers mais contracté
celui-ci révèle aujourd’hui

qu’il est expansion et se cible
cela nous paraît plus crédible
lequel de nulle part ne surgit
il repousse toutes les galaxies

pourtant pour l’observateur
ce divin géant collisionneur
brouille les données connues

s’y classe même un neutrino
sa vitesse d’une belle manière
dépassant celle de la lumière
Einstein se retourne lamento

Monsieur que je vous rassure
l’erreur est bien sur la mesure
est au neutrino d’être lamento

l’hypothèse neuve apparue
due peut-être à une osmose
révèle-t-elle la métempsycose

mais

est ce bien sensé de vouloir
tout chercher et tout savoir
soutirer les secrets du néant
cela n’est-il un peu gênant

dans l’avancée de l’ineffable
chercher tout de l’insondable
est-ce toujours si raisonnable

tout change à tout moment
tout et jusqu’au rire du vent

sinon la présence d’un dieu
dont on ne sait où est le lieu
———————————————
43

La métempsycose ce phénomène
avec qui l’osmose se promène

il s’avère qu’au temps connu
désormais il y ait une inconnue

et que le « temps » ne cumule
pas mêmes ondes ou particules

l’univers s’y perd d’un seul coup
ici se confond- le rien et le tout –

qu’il n’occupe plus aucun espace
et qu’il n’a pas non plus de masse

ni odeur ni saveur ni température
il est un comble contre nature

l’entrave abstraite de ce phénomène
pose aux savants un sérieux dilemme

accepter la mystérieuse inconnue
qui soudain nous tombe des nues

notre ignorance est bien là qui s’étend
de l’infinitude à la vastitude du temps
————————————————
44

Le génome humain qui vient de naître
repousse de la main la règle du maître

l’existence de dieu s’y découvre inhibée
nœud si mystérieux que ce nouveau-né

l’évidente avancée rend le saint suaire
certes à pas feutrés bien plus ordinaire

mais va se manifester la métamorphose
sur ce thème fondamental de la Gnose

le génome qui hors la présence de dieu
décline le très grand mystère des lieux
———————————————
45

Dans l’univers courbe une myriade d’étoiles
sur l’horizon bourbe se cache sous un voile

à l’avancée de notre temps dans cette nuit
est l’indicible chant une parure de l’infini

aller s’étendre sur l’horizon est utopique
est là toute sa déclinaison voyez le risque

s’y trouvent peut être des étoiles en survie
ceintes du mystère de l’osmose d’une vie

cette lumière dans un souffle de sonorité
séduit la présence de la vastitude éthérée
——————————————–
46

Se perpétuent les idées

modifiées par le cours des âges
elles réapparaissent au large
répertoriées archivées en marge

mais elles passent comme le temps

telles certaines idées d’un dieu
qui encore exhortent les pieux

alors qu’une pléthore de gens
déplore cet acharnement et ose
penser à une osmose

les idées n’ont survécu aux croyances
preuve qu’elles sont d’une déviance
————————————————
47

Ô vous exégètes savants ô vous tous les biens pensants
dites moi bien où et comment

comment ici tout s’anime et tout s’effleure et se mine
et vers une fin s’achemine

qu’est donc cet abysse inconnu que nul n’a jamais vu
et d’où nul être n’est revenu

j’écris d’un seul geste cette fin funeste
d’un espoir qui se gomme du palimpseste

j’espère connaître
l’osmose qui me fera renaître

par une métempsycose
qui a les clés de toutes choses
———————————————
48

Là se trouve le fameux mur de Planck

il est bien connu que derrière le mur
espace temps sont différents c’est sûr

ne peut y exister notre idéale logique
telle que le spécifie la mathématique

il est très mystérieux que les nombres
y soient si bien cachés dans l’ombre

là il n’y a pas d’espace et pas de temps
froid chaud bruit silence sont absents

pas de présent ni de futur ou de passé
une métempsycose y serait-elle passée

effaçant du néant même tout l’espoir
ce que l’intelligence ne peut percevoir

là s’y voit le summum de l’abstraction
pour le savant c’est l’incompréhension

l’équation est posée au savant cartésien
qui hésite à remettre eu cause son bien

guidée par l’osmose une métempsycose
peut-elle dans ce milieu faire une chose

et si c’était ce lieu où Dieu se planque
————————————————–
49

Quel être peut dans le mal être
peut croire en cette utopie
d’un Dieu s’il est présent
j’en veux la garantie

car non seulement il biaise
mais il incite au doute
se rétracte la foi à l’aise
ce que le monde redoute

on ne peut vivre sans espérance
et l’homme dans son espace
pour une autre croyance
doit-il prendre place

largement pratiquée dans le passé
se pencher sur la métempsycose
en Orient où elle est adoptée
jugez ce qu’est la chose

la pratique qui serait pleine de sagesse
qu’elle dispense avec largesse
mais là-bas alors qu’on se bat
voyez quel est son combat

ne sont que des compromis
hélas ces délices promis
———————————————–
50

Nous interpelle le trépas
et Dieu lui même
même si nous n’y croyons pas

pour faire le dernier pas
l’ultime de notre vie ici-bas

m’accompagnera la peur
à l’extrême à la dernière heure

dans la quête d’une sincère
et accessible lumière

m’abandonne la trêve
qui là fait sa grève

alors opté pour métempsycose
mais peu de gens l’ose

le monde ment
lamentable ment
——————————————–
51

Un jour plutôt une nuit
j’ai rêvé que j’étais une rose
j’en étais tout ravi

être une rose

quelle beauté là s’expose
quelle fantaisie qui s’ose

soudain je me réveille ahuri
et me retrouve tout ébahi
dans ma peau dans mon lit
qui est-elle…qui je suis

Mais

il est évident entre moi et la rose
il y a bien sûr quelque chose

c’est là que se pose
la métamorphose

pas aisé
de saisir le sens de la gnose
si l’âme ne nous y prédispose

depuis j’ai repris ma pose
espérant une sereine osmose
——————————————-
52

Jour après jour nuit après nuit
en ces dérives du temps se voient
toujours des charmes de vie
sur l’onde du temps qui louvoie

ô la vision

de l’éclat de l’aurore
peuplée du chant des grillons

sur les fils une rangée de moineaux
pépie à l’unisson leur trémolo

un pigeon
se pavane alangui il se roule
sur le zéphyr qui défrise et soûle
dans les restes d’une ombre qui se coule

dans l’azur
un vol d’oies sauvages
dans un souffle pourfend le nuage
et le col tendu vogue avec courage

sur l’onde du temps
il est important
à la métempsycose de miel
que le vent d’une osmose lèche le ciel

les délices de ce temps léger
nous font douter
de la légende du ciel

c’est que la nuit vengeresse de Némésis
est aux luttes avec l’aile noire de Néréis
————————————————–
53

Sous le couvert un saule
plié jusqu’au ras du sol
triste jour qui demeure
un papillon là se meurt

l’œil de l’étoile polaire
un instant attiré au sol
peut saisir en solitaire
ce papillon sous le saule

il scrute dans la nuit pâle
la chrysalide nymphale
de ce papillon en osmose
qui ici se métamorphose

déjà il clôt ses paupières
brève est sa vie qui évolue
rien que pour avoir voulu
vibrer à l’intense lumière

s’il est une âme sensible
qui se trouve disponible
pour faire une vie solide
est prête cette chrysalide
———————————————-
54

L’univers se courbe à l’horizon
et sous la voûte stellaire
y est une myriade d’étoiles
dissimulées par un voile

ici la lumière des mouvances
a un souffle de résonance
dans la vastitude éthérée
où s’étire l’éternité

d’innombrables étoiles épient
la transmutation de l’univers
une étoile récente en est le centre
son âge remonte au bing bang

bien au-delà de la voie lactée
sa particularité elle est sans fer
transmuée sa vie est l’éternité
des métamorphoses là s’y créent

au seuil de la galaxie plus loin
mue d’une poussée éphémère
s’écoute un écho que réveille
cette sublime merveille

s’y trouve l’étoile interstellaire
l’œil de dieu le saphir la perle
pareil au monolithe peu banal
trouvé à nos jours dans l’Oural
———————————————-
55

Qui donc à vu naître le premier soleil
lorsque Dieu est sorti de son sommeil
alors qu’Abraham était sur l’horizon
Socrate bien après le dit avec passion

quand au divin que beaucoup ignore
il est parvenu à faire rêver Pythagore
et avec lui aussi dans sa grotte Platon
aussitôt l’univers le révèle à la Raison

Dieu le créateur qui fait tout à son gré
la pensée jusqu’à lui s’élève par degré
de lui dont on dit qu’il est tout amour
jamais personne ne l’a vu à nos jours

le seigneur qui est en déclin à son tour
montre que son esprit n’est pas absolu
et pourtant toute sa vertu est attendue
béat celui qui lui voue autant d’amour

il est connu que la métempsycose pose
ses fondements son regard sur la chose
et avec la pleine sagesse de tout son âge
elle fixe pour l’éternité toute son image

cette terre en souffrance qui s’enflamme
vit dans un monde qui néglige l’outrage
alors que survit une vérité sans ombrage
remplie d’amour sur les ailes d’une âme
————————————————
56

Que devenons-nous
notre vie passée

la feuille tombée
à l’automne

le papillon
après son éphémère vie

quand finit l’été
que font les pétales de rose
que devient la rose

poussière d’étoile
qui peut me dire

faut-il croire en dieu
pour que soit un paradis

l’âme
un souffle
une ombre
qui nous enveloppe
qui s’élance vers le sublime

une ombre aussi fragile
que le souffle qui la retient
une entité abstraite tiraillée
entre l’ « être » et le « non être »

étrange avancée d’un silence
sur la portée des croyances
——————————————
57

Au passé à tout jamais
trépassé

succède
un présent insensé
où parfois
le conscient qui doute
avec raison se voute

où l’incertain poignardé
sur la paroi de l’âme
surgit ensanglanté

l’osmose se réclame
d’une métamorphose
qui fait toutes ces gammes

dans la réalité
du plus fragile
de l’instant

le doute sceptique
sur l’incertain prend le pas
sur le fortuit clastique
soupçonneux d’un faux pas

à l’irraisonné
l’incohérence est
——————————————–
58

Dans la mémoire des pierres
le temps s’est incrusté

dans la mémoire du temps
des traces de notre vie
y seront-elles inscrites

comme un fossile
jour après jour

une interrogation
peut-être une utopie

mais

notre passage
sur la portée du tangible
n’est-il pas complice
d’une osmose
comme d’une rose
———————————————
59

On a oublié
par où a commencé
la vie

la vie un rai de lumière
dans l’ombre de la nuit
l’homme y pose sa pierre
et il se perd dans l’ennui
sur le chemin du cimetière

l’homme conduit son destin
vit dans un présent incertain
le futur est affaire des dieux
qui sont les maîtres des lieux

quant au passé l’homme
n’en perçoit qu’un écho
il est celui qu’il consomme
sans murmure sans un mot

la vie s’en va puis du corps
inéluctablement elle s’enfuit
c’est ainsi que se défait la vie
jusqu’à ne plus être que décors

dans un bruissement tangible le mot
danse sur la lumière de l’osmose
quand un ultime soubresaut
sonne la métempsycose

seul le « mot » signe
il est le centre du lieu
il est peut être ce Dieu
que l’incertain désigne
————————————–
60

Aux ravages
de l’enfer
un souffle de vie
ne résiste pas

l’arbre n’est plus qu’un
noir trait de fusain
troncs calcinés
phallus dressés
sur un sol gris
où l’odeur âcre
de cheminées mal éteintes
subsiste
amer goût de cendre

le ventre creuse les sens
le sang brûle les tempes
décor morbide
paysage surréaliste

et

tout ce noir qui existe en creux
et ce silence qui domine
c’est l’enfer
qui distend l’espace

est-ce un pressentiment
il est
un chant d’après
venu d’ ailleurs
———————————–
61

Graal
clandestin muré
repose

dans cette osmose

le « mot »
l’âme du mot
la rose

le chant du mot
sans ressentiment
je l’expose

peut-être ne faut-il dire
l’âme
de ces choses

le saint Graal
saigné à blanc
rouge de sang

pierre de l’arche
dans la métempsycose
lève-toi et marche

te voilà transmuée
à toute vérité
———————————————
62

Prés de dieu il en est qui doctement
méditent sur les abîmes
assument le sublime
des noirs désenchantements

ils vivent dans « l’ailleurs »
chercheurs d’apparences
épieurs de l’existence
quêteurs du meilleur

la sauvage impossibilité
de s’en tenir à ce qu’est l’être
les rendent inaccessibles
à toute ivresse d’être

ils cherchent dans l’expérience
l’obscur de leur certitude
des éclatantes évidences
d’un combat contre les habitudes

ils auront cherché l’osmose en vie
jusqu’à l’extrême crête de leur vie

éclatante envolée
des contradictions vers une métempsycose
——————————————
63

Puisqu’elle est impossible
que faire de la quadrature du cercle
surtout dans un cercle vicieux

les uns vitupèrent
les autres s’insurgent
la nature va son train
dans ce cercle incertain

Aristote en vain
après lui bien d’autres
en firent le tour
sans résultat

énigme de la création qui nous interroge
laisser règle compas il n’y a pas de solution

une bévue dans la création
dieu serait-il faillible
————————————————
64

Je m’interroge
savoir
si je suis bien vivant

revenu d’un ailleurs
balayé par des tourments
baigné de blêmes lueurs
ruisselant et suant le sang

la démesure est gigantesque
une énorme distorsion du temps
fusionne l’espace et le néant
y flottent des images dantesques

un trou noir indéfinissable
bouscule cet enfer éthéré
des ombres velues croisées
sont-ce des âmes misérables

tout est mouvance tumultueuse
venue de ces abîmes désertés
sont lueurs et formes monstrueuses
rapides stridentes et étranglées

tout cela m’entoure à tout instant
dans un vertige étourdissant
alors je m’interroge vraiment
suis-je toujours bien vivant

présence dont je ne me souviens
———————————————-
65

Alerte à l’horizon des origines
qui n’est que champs de ruine

tombe le mythe d’Atlas géant
à ce jour on trouve plus grand

sur la terre est une révolution
arrangée par le petit « boson »

autrefois nous avions Gulliver
dans la révolution de l’univers

l’infiniment grand au calcul dit
qu’il se rejoint l’infiniment petit

et c’est à Peter Higgs un savant
à qui on doit ce bouleversement

cette structure de toute l’énergie
« particule de Dieu » telle on l’a dit

se voit dans l’univers primordial
c’est son nom n’est-il pas génial

et allons nous voir enfin ce Dieu
qui depuis l’origine est en ce lieu

caché derrière un mur de silence
est-il osé d’espérer en la science
———————————————-
66

Ôter la peau de chagrin

jeter les préjugés malvenus aux orties
frotter la réalité contre l’arbre de la vie

la chose qui dérange est plongée dans le gouffre
où perdurent les doutes où les mots s’engouffrent

l’intense nudité de l’être trouble la quête du bonheur
Epicure nous le dit il suffit d’être de bonne humeur
de savoir prendre de bonnes résolutions
sans vouloir faire une révolution

espérer une osmose elle peut vous servir
ainsi une métamorphose peut survenir

le bonheur est en nous il est euphorie énergie
une onde de charme un goût intense de la vie

sans plus attendre que s’élance le bonheur libre
laisser jaillir les plaisirs ces désirs ivres de vivre

le bonheur promis serait-il une vaste utopie
l’ultime anathème
—————————————–
67

Déjà la pensée invalide
à l’extrême de l’usure
dans sa nuit cherche refuge

le souffle du murmure
qui traverse le mouroir
quête l’extrême onction

qui ne laisse rien espérer
d’une vie de l’âme
affranchie de la matière

cependant que

l’esprit se voile
et tire son ombre
rêvant d’une réincarnation
———————————————
68

Certains silences servent la mémoire
le flou est rédhibitoire

l’âme prisonnière du doute
vibre d’une pensée qui l’envoûte
la renaissance
après avoir vibré avec aisance
de son Aura parée
devra-t-elle s’en séparer

tout comme

le cygne au chant rebelle
qui dû changer de diapason
pour rejoindre sur l’horizon
l’idée d’une mort si belle

indécise dans le doute
l’âme de mourir ne redoute
mais à une mort aussi digne
le doute lui en est indigne

Pline l’ancien avoue et le dit très bien
l’âme se prend à rêver de renaissance
quant au doute il a trop de suffisance
en aucun cas il ne mérite un tel destin

ne vous en déplaise l’absence de Dieu
qui est légendaire demeure silencieuse
d’où un certain silence qui dessert dieu
————————————————
69

De mon rêve
la mémoire n’a retenu

qu’un souffle indéfini
au miroir sans tain
où rien ne subsiste

qu’une musique syncopée
comme la vague

qu’un voile de langueur
accroché à un lambeau
de ciel proche de l’éternité

qu’un râle de lassitude
sur l’arc de l’horizon
endeuillé de solitude

la mémoire intuitive
subtile et profonde
peut-elle restituer

de l’effacement
cette métamorphose

à défaut essayé l’hypnose
qui
découvre tant de choses

70

Plus vite que la lumière
qui vient du vide
est un écho du néant
une explosion de silence

est-ce la création
d’un nouveau monde

espace courbe impénétrable
silence qui dort où
la lumière épouse
le mystère d’un trou noir

dans une dense pénombre
là où plane l’éternité
la nuit est ténèbres

parmi des débris
notre terre s’anime

naît une osmose
une métamorphose
—————————————
71

Frontière où plane le néant
où l’écho du silence
fait place
au « possible »

conjugue les efforts
vers cet espace
où tout est
explosion implosion

là le néant
est silence éternel
parabole que décline
le possible d’une osmose
—————————————–
72

Le silence favorise
la venue inconsciente
d’une osmose

un râle un souffle
un rien peut la perturber

cet éclair qui jaillit
est la voie offerte
à la rencontre intime
du corps et de l’esprit

isolé dans la méditation
à couper le souffle
grand peut être le désir
de croire en Dieu

porté par l’infinie grandeur
ce désir se confesse en silence
à la métempsycose
————————————-
73

J’espère

un souvenir
heureux

dans mon jardin d’enfance
je le cherche en vain

une douleur y surgit
plus vrai que tous les mots
l’oubli est affreux
au fond du cœur

je cherche un bonheur
j’entends une douleur

un drame se révèle à mon cœur encor blessé
Dante pourquoi dis-tu qu’il n’est pire misère
qu’un souvenir heureux

une métamorphose est un mystère
duquel on doit pouvoir espérer
beaucoup mieux
——————————————
74

Est un siècle en plein désarroi
qui prête sa place à l’osmose
que dieu par la métempsycose
porte sans l’ombre d’un émoi

dans cette idéologie mythique
face à ce monde déshumanisé
qui interpelle même les initiés
le vertige vit sa chute mystique

oublieux de ce monde amputé
dont le silence est bien l’usage
nul ne cherche s’il est présage
ou de sombres augures avérés

le cours de ce jour qui avance
à son flot d’incompréhension
qu’un cortège d’incohérence
peut venir perturber la vision

la rivière qui charrie sa crue
de souvenirs trop bien connus
sacrifie à cette attente voulue
l’hypothèse la plus saugrenue

qui a été ne sera jamais plus
les sens y transpirent de peur
de la peur vengeresse qui tue
qui foule au pied toute erreur

dans ce silence froid se glisse
le vertige du présent angoissé
condamne la félonie complice
de ceux qui en ont trop abusé
————————————–
75

mais où est-il donc le sublime
paradis espéré hors de l’abîme
tel l’Eden qui brille sur l’hôtel
sur le siège d’un havre éternel

mythique Eden que l’on envi
alors que l’agora argue sa vie
à dire vrai il est un bide géant
qui n’est que le vide du néant

il est reflet d’un mépris inutile
autant méprisant qu’infantile
là s’y masque la vive lumière
celle qui éclot dans la matière

elle qui pouvait escorter la vie
de chacun en toute fin de vie
et atténuer au bout du compte
le vivre qui se meurt et sombre

que nous disent les évangiles
pour ricocher sur les origines
il faut retourner dans l’argile
redevenir poussière j’imagine

l’univers devenu un problème
frémit la bévue de la création
cette césure du divin lui même
lui qui se dérobe sans émotion

pas encore moribond l’univers
se voit poussé d’un seul revers
au motif sournois que l’envers
est tout aussi fourbe que l’avers

mais ce refuge qu’est le paradis
sera toujours le rêve qui irradie
tel l’éden qui brilla sur l’hôtel
sur le siège de ce havre éternel
————————————–
76

J’irais vers toi
je vole je m’envole

le jour venu
si mon âme a ses ailes
mon corps ira léger
comme ces vents
dans la douceur des printemps

ce jour là sera le dernier
je quitterai sans regret
ce vivre sans lendemain
me lâchant des deux mains

j’irai vers la liberté
avec cet espoir d’une vérité
si la bonté accepte mes vœux
seront nombreux les envieux

ceux à la langue de bois
ou à la langue de vipère
qui se livrent avec joie
que nul jamais ne repère
toute leur mauvaise foi

le jour venu où je partirai
mais mon âme aura ses ailes
pour fuir celui qui voudrait
troubler ma destinée nouvelle

celle où la lumière est vérité
où la vie est liberté

oui vers elle j’irai
—————————————
77

En dépit de la haine
de la mort qui saigne
du désespoir du ridicule
de la fin qu’est le crépuscule

aime et fait ce que tu veux
selon Saint Augustin
je voudrais cette force et être serein
mais ne puis croire en dieu

surtout ne pleure pas l’âme
elle part et s’en réclame

l’œil se mouille
au seuil du départ
comme on sourit à la vie

ne meurt pas l’âme
elle part
et redevient libre
tel un oiseau ivre
sur les ailes d’une nouvelle flamme
elle se livre et se pâme
elle retrouve vie dans une osmose
déjà elle rêve de métempsycose

si tu l’aimes, suffisamment et encore
ne l’enchaîne plus à un corps
—————————————–
78

son âme ne faisait qu’attendre
ne mouille plus ton œil tendre

l’âme vit pour gagner sa place
et respirer les grands espaces

en attendent un grand départ
elle jugeait devant ce rempart

souvent restant plus à l’écart
pour ne pas prendre du retard

le temps se prête aux promenades
à celles qui se font en nomade

devant elle pleurer il ne faut pas
elle est toujours là et ne dort pas

elle est ce vent qui souffle et passe
scintillement d’un cristal de glace

lumière du soleil en plein jour
et cette douce pluie des amours

s’éveille dans l’humide qui sort
rejoint les oiseaux dans leur essor

Ne te lamente pas devant elle
elle qui vit et qui jamais ne se rebelle
—————————————–
79

MÉTEMPSYCOSE 1

Il n’est qu’un corps suçant le reste de sa vie
et pense sans espoir au futur à contretemps
là les saisons ne sont qu’un espace de temps
où reste en souffrance l’âme mutilée d’envie

jamais homme ne sort indemne de la bataille
s’il advient parfois qu’il récolte une médaille
soyez en assuré la vanité le rendra plus viril
pareil au narcisse qui jubile sur son nombril

il est comme l’orphelin meurtri par la guerre
n’espérant rien de la bonté du genre humain
cette componction fille mère au pas incertain
en une métempsycose plus tempérée il espère

lorsque la médiocrité le traîne vers la guerre
alors l’âme fragilisée se glisse dans l’osmose
drainée sous l’influence de la métempsycose
il sera réincarné comme le fut jésus naguère

MÉTEMPSYCOSE 2

Plait-il dans une autre vie aurais-je habité
aurais-je diverses fois poussé le premier cri
m’en souviendrais-je d’avoir vécu tout ceci
que doit-on dire à ces âmes ainsi outragées

ai-je été dans les anciens temps apothicaire
vendeur d’onguents sur les places du Caire
centurion de la Rome pauvre hère au Mali
un dresseur de tigres au cirque du Bengali

ou bien un distingué docteur es philosophie
ou souffleur de verre ou pauvre syphilitique
jazz man a Broadway ou religieux mystique
contrebandier pêcheur de perles en Éthiopie

conscient de ne rien connaître du mystère
l’heure arrivée je serai où renaît la matière
qu’une réincarnation par la métempsycose
puisse vivre à l’ultime systole de la nécrose
—————————————–
80

Si tu connaissais le paradis des cieux
si tu pouvais d’ici entendre le chant merveilleux
des anges et me voir au milieu d’eux

si tu pouvais voir se dérouler
les horizons et les champs de l’éternité
là où je marche dans les sentiers

si
un instant tu pouvais contempler par malice
la beauté devant laquelle toutes les beautés palissent
tu ne pourrais y croire même en songe

la supercherie est mensonge
dans ce pays où les rêves sont éveillés
dans ce pays aux innombrables réalités

crois-moi
quand la mort aura brisé tes liens
comme elle a brisé les miens

quand le jour arrivé
ton âme avisée
que la mienne aura précédé
tu me rejoindras

alors ce jour là
tu verras celui qui tu as cherché
et ton cœur se réjouira
de tant de tendresses épurées

toute métamorphose dans la métempsycose
rend heureux
tu renaîtras en bienheureux

essuie tes yeux
et ne pleure si tu le peux
————————————-
81

Je ne rêve pas je vais quitter cette terre
tout près de moi Seigneur tu marchais
deux traces dans la terre
derrière se gravaient

une dernière fois je jetais un regard d’envie
pour revoir le cheminement de ma vie,
j’apercevais deux empreintes de pas

mais là où le chemin devenait ardu
en me retournant
je ne vis qu’une trace pas plus
je lui dis instamment

j’ai cru que tu cheminais toujours
à mes côtés pendant les bons et mauvais jours
mais durant ma longue marche forcée
dans les passages où j’étais épuisé

je n’ai vu qu’une seule trace de pas
pourquoi çà

et le Seigneur me dit

je t’ai accompagné jusque là
mais dans les moments les plus délicats
je t’ai porté sur mon dos.
tu fus mon fardeau
————————————–
82

Quelqu’un se meurt
c’est comme si l’heure
s’arrêtait
mais si c’était l’heure
d’un nouveau départ
d’un nouveau voyage…

quelqu’un se meurt
et c’est comme si s’ouvre
la terre.
mais si c’était un paysage
offrant d’autres passages…

quelqu’un se meurt
c’est comme la grêle
qui tombe
mais si c’était une semence
dans une terre nouvelle…

quelqu’un est mort
et c’est un silence
qui hurle
mais s’il nous aidait à entendre
la petite musique de la vie…

«… A l’aube cristalline d’un jour qui perdure,
dans sa robe au parfum d’oranger, telle une épure

Elle chante…»

tout mon être en frémit
quelqu’un vient de naître
quelle est cette ombre qui vient d’apparaître
et que dans une autre vie

j’ai déjà vue… et dont je ne me souviens
———————————————
83

Le monde et l’homme ont marché longtemps
vers toujours plus de progrès
et d’agrément

mais aujourd’hui tous les modes sont inversés
l’éducation le bien être aussi
s’atrophie la liberté

tous les piliers d’une civilisation séculaire
sont largement bafoués
volent en éclats les repères

mais les siècles passés ont su nous maîtriser
l’homme ne sait plus faire
pour l’humanitaire

si je lui disais l’écho d’un incertain sauvetage
mon impérissable égo
dirait est certain un naufrage

dans la nuit opaque d’un univers défaillant
un espoir se plaque
et retombe en geignant

la planète est polluée les mers les rivières
souillées de leur beauté
où est la belle lumière

sont là déchets pleins de produits chimiques
en des lieux écœurants
qui sont toxiques

dans notre quotidien nul ne soulève le voile
le monde marche les yeux éteints
chacun pour soi sous les étoiles

quel être de droit aux yeux pleins d’humilité
cherchera à promouvoir
un rayon sur l’humanité

de notre culture ne sera gravée dans la pierre
que la pollution
de notre terre

créons une façon d’être faisons un pas en arrière
ne rien faire est inadmissible
sur ces traces d’ornières

visons la morale et la vertu et si possible la prière
en mourant elles nous tuent
sauvons notre terre

homme du courage soit à la hauteur du naufrage
le temps ne joue pas pour nous
l’orage n’est pas passé courage

il a des besoins certains mais son avenir est démuni
il voit sa vie sans lendemain
pour son âme il espère une survie
il fouille le fond des tombes à la recherche de lui même
il écoute les propos sombres
qui parlent d’un air blême

l’homme afin d’être meilleur en conjonction avec la vie
doit oublier de l’âme sa vie antérieure
pour revivre digne une vie

déjà la nécessité s’adosse sur l’homme saura-t-il être
une osmose pour lui peut apparaître
« j’étais, je suis et je dois être »

la route que nous cherchions est là
l’éternité est cette rampe montons là
————————————-
84

Est souffle amer le soupir du cœur
tel un naufrage est vestige du pleur
et l’amour s’écroule sans coup férir
par pans entiers jusqu’au pur désir

l’amour s’enlise baissant le regard
et tout l’horizon les yeux sans fard
griffe le rejet de ce cœur qui faiblit
alors que la paix intime est trahie

le sentiment s’étiole ici il agonise
et s’affouille le temps qui ironise
l’osmose fait une apparition brève
tance la métempsycose sur ce rêve

ô ma douce mais toi âme endormie
tout en lambeau qui croire peux-tu
mon pauvre cœur toi là et en survie
toi qui bat pourquoi mais le sais-tu
—————————————–
85

La sève sur les cimes se répand
et la canopée vibre un instant
sous les taillis se blottit l’oiseau
dans l’air d’un temps nouveau

cette sève ruisselant des cieux
précepte qui inonde et allèche
est un rêve des plus audacieux
le mystique illuminé le prêche

si dame nature efface du rêve
le cheminement mis en place
et alors disparaît toute la sève
et la passion y perd sa grâce

l’oiseau au parfum de l’osmose
à l’onde de la source se baigne
une pureté qui inonde et draine
toute métempsycose souveraine

si la sève reste source de vie
————————————-
86

Cette nébuleuse qui plonge sans ambages
évitant les trous noirs ses pièges envoutés
dans l’espace interstellaire va et s’engage
vers une métamorphose un choix délibéré

née dans la voie lactée si pleine de charme
la nébuleuse sulfureuse est toutes larmes
mon âme ébranlée sombre dans ces pleurs
en elle je me noie dans une céleste vapeur

elle est un nuage de poussière dans une tasse de thé

la voilà qui va qui vient selon son humeur
évanescente comme le sont toutes fleurs

parfois elle souffle à l’oreille des douceurs
ou
susurre d’un ton frais
des mots qui m’effraient

la pureté de sa lumière
suspendue dans le vide stellaire
se dévoile dans une pertinente osmose
où l’équation espace temps est relativité

diablotine et lunatique
séraphine et fantastique

elle pleure aussi quand s’épanche sa tendresse
elle m’émeut elle cette perle de détresse
elle qui de l’espace connaît l’ivresse

fantaisie folie drôlerie
rêverie magie diablerie

sa beauté est un bouquet d’humour qui caresse
la puissance diabolique de son esprit céleste
mais elle pleure essoufflée de tristesse

que sur terre vivre tu le puisses
que la lumière elle-même en pâlisse
—————————————–