SAINT JOHN PERSE- PIERRE OSTER


Cet Avant Propos, pour remercier Jacques LOVICHI, poète de premier plan, qui a eu le courage et la gentillesse d’accepter de faire la préface de cet ouvrage sur les poètes qui ont fréquenté les rivages de la Méditerranée. Ils sont nombreux, depuis Menton jusqu’à Perpignan, dont la gare est, selon Dali, le centre du monde ! Ainsi cet ouvrage ne comblera pas tous vos espoirs …….. Des oublis et des manques vont forcément se produire. Il est quasiment impossible de réunir dans un seul ouvrage la quasi-totalité des poètes ! Déjà faut-il pouvoir les répertorier !
Merci aussi à Jean-Luc POULIQUEN, Poète et critique connu, qui n’hésite pas à interviewer des philosophes éminents et des princes de la diplomatie, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs. Il nous offre un historique sur les poètes ayant mis les pieds dans l’eau de la poésie Méditerranéenne ! Son érudition fait merveille pour maintenir en haleine le lecteur avide de connaître l’évolution du cheminement de la poésie depuis Frédéric Mistral.
J’ai eu le privilège d’être reçu à Giens par SAINT-JOHN PERSE ! Pétrifié, tétanisé, mon regard sur le poète assis dans un profond fauteuil passait par dessus ce bronze posé sur la table de la pièce. Etait là, ce magnifique Masque de Saint-John Perse, réalisé en 1969 par le sculpteur hongrois Andréas Beck……. J’ai pu à loisir voir combien la ressemblance était frappante !
C’est un concours de circonstances qui m’a amené ici. Un ami encadreur venait de terminer un encadrement d’un calendrier chinois annoté de la main par le poète. Celui-ci devait lui être livré à domicile. J’ai avec joie accepté de porter le précieux cadre ! Espérant je ne sais quoi ! En vérité je n’ai pu prononcer une simple parole autre que celle que la plus élémentaire des politesses exige.  Pourtant, je garde un souvenir ému de cette entrevue… En effet, SAINT-JOHN PERSE en mauvaise santé devait quelque temps après, nous quitter définitivement. Mais, j’ai gardé le désir de découvrir sa poésie ainsi que  sa vie de poète. Travail difficile pour moi que rien ne destinait à telle tâche ! Par l’intermédiaire de Jean-Max TIXIER, j’ai pu lire Autre Sud et d’autres revues ! Il me fut toutefois nécessaire de lire  deux ouvrages de Pierre OSTER dans lesquels il nous livre quelques clefs pour entrer dans cet art poétique. Le premier a pour titre Pratique de l’éloge, le second Une machine à indiquer l’univers. Pratique de l’éloge rassemble des articles où l’auteur rend hommage aux poètes et écrivains qui ont compté dans son itinéraire. Paul Valéry, Jean Paulhan et Saint-John Perse, sur lesquels Pierre OSTER aura peut-être l’occasion de revenir, occupent aussi une place de choix dans Pratique de l’éloge. Il faut-préciser que ces trois auteurs eurent un lien très fort avec le sud.  Nous ne sommes pas loin de Sète, et du cimetière marin de Paul Valéry. Jean Paulhan a passé son enfance à Nîmes, où je vis actuellement.  A l’époque, je vivais à Hyères, que Pierre OSTER fréquenta à diverses reprises, alors que SAINT-JOHN PERSE s’était retiré sur la presqu’île de Giens. Pierre OSTER connaissait les rivages Méditerranéens pour y être venu plusieurs fois pour le festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée de Lodève. Comme on aurait aimé  aller avec lui rencontrer celui qui reçut le prix Nobel de littérature en 1960, qui dirigea sous le nom d’Alexis Léger, la diplomatie française de l’entre-deux guerres, après avoir vu Staline, et conseilla le Président Franklin Roosevelt lors de son exil aux Etats-Unis.
Lecteur, je vous laisse apprécier ces deux éminents chercheurs de la beauté. Gageons qu’ils sauront réveiller en vous le désir de connaître mieux encore cette poésie. qui reste le plus beau fleuron de notre langue française.

Quant à moi, je suis honoré d’avoir pu faire un portrait, inédit, de SAINT-JOHN PERSE à la demande de Jean-Max TIXIER , portrait qui est répertorié dans : l’œuvre de Gallimard nrf Cahiers Saint- John Perse.-7/6 CLAIR OBSCUR : du mot à l’image : p.8-9

St jhon perse

SAINT-JOHN PERSE Pseudonyme d’Alexis Léger, est un poète et diplomate français, né le 31 mai 1887 à la Guadeloupe, mort sur la presqu’île de Giens le 20 septembre 1975. Il s’installe à Pau avec sa famille, où il fréquente l’actuel lycée Louis-Barthou, fait ses études de droit à Bordeaux dès 1904. Il rencontre notamment Paul Claudel, avec qui il entretiendra des relations mouvementées. Il s’introduit peu à peu dans le milieu de la NRF, où il fait la connaissance de Jacques Rivière et André Gide qui l’encouragent dans la carrière littéraire. Il publie son premier recueil de poèmes Éloges en 1911 et rencontre un grand succès. Il se décide à s’engager dans la carrière diplomatique en 1914. Il est nommé diplomate à Pékin de 1916 à 1921, nommé en 1924 directeur du cabinet diplomatique d’Aristide Briand, année où il publie son recueil Anabase sous le pseudonyme de Saint-John Perse, jusqu’en 1932, puis nommé ambassadeur en 1933, et secrétaire général du ministère des affaires étrangères jusqu’en 1940, date à laquelle il s’exile aux États-Unis. Il publie Exil en 1942, Pluies et Poème à l’étrangère en 1943, Neiges en 1944. Il est réintégré dans la nationalité française en 1944, à la libération de la France, mais reste aux États-Unis. Il publie Amers en 1957, année où il revient faire de longs séjours en France, sur la presqu’île de Giens. Il publie de courts poèmes : Chronique en 1960, année où il obtient le Prix Nobel de littérature, son allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960 restant un modèle d’éloquence. Il publiera encore Oiseaux, inspirés par georges braque en 1963, et finalement Chant pour un équinoxe en 1971. Il meurt le 20 septembre 1975, à Giens (Var), où il a écrit ses dernières œuvres, Nocturne et Sécheresse, et où il repose désormais.

Extrait d’Anabase

… ha! toutes sortes d’hommes dans leurs voies et façons : mangeurs d’insectes, de fruits d’eau ; porteurs d’emplâtres, de richesses ! l’agriculteur et l’adalingue, l’acupuncteur et le saunier ; le péager, le forgeron ; marchands de sucre, de cannelle, de coupes à boire en métal blanc et de lampes de corne ; celui qui taille un vêtement de cuir, des sandales dans le bois et des boutons en forme d’olives ; celui qui donne à la terre ses façons ; et l’homme de nul métier : homme au faucon, homme à la flûte, homme aux abeilles ; celui qui tire son plaisir du timbre de sa voix, celui qui trouve son emploi dans la contemplation d’une pierre verte ; qui fait brûler pour son plaisir un feu d’écorces sur son toit, et celui qui a fait des voyages et songe à repartir ; qui a vécu dans un pays de grandes pluies ; qui joue aux dés, aux osselets, au jeu des gobelets ; ou qui a déployé sur le sol ses tables à calcul ; celui qui a des vues sur l’emploi d’une calebasse ; celui qui mange des beignets, des vers de palme, des framboises ; celui qui aime le goût de l’estragon ; celui qui rêve d’un poivron ; ou bien encore celui qui mâche d’une gomme fossile, qui porte une conque à son oreille, et celui qui épie le parfum de génie aux cassures fraîches de la pierre ; celui qui pense au corps de femme, homme libidineux ; celui qui voit son âme au reflet d’une lame ; l’homme versé dans les sciences, dans l’onomastique ; l’homme en faveur dans les conseils, celui qui nomme les fontaines, qui fait un don de sièges sous les arbres, de laines teintes pour les sages ; et fait sceller aux carrefours de très grands bols de bronze pour la soif… ha ! toutes sortes d’hommes dans leurs vies et façons et, soudain, apparu dans ses vêtements du soir et tranchant à la ronde toutes questions de préséance, le Conteur qui prend place au pied du térébinthe…
SAINT-JOHN PERSE

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Bronze du sculpteur hongrois Andréas Beck

 

 

 

 

 

 

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SAINT JOHN PERSE

Pierre OSTER Né en 1933. Publie le Premier poème dans le Mercure de France en 1954; aussitôt après, des Quatrains gnomiques dans la Nouvelle Revue Française. Le champ de mai paraît chez Gallimard en 1955 (prix Fénéon). Solitude de la lumière (1957) lui vaut le prix Max-Jacob. Rencontre d’Alexis Leger, en 1961, grâce à l’amitié de Jean Paulhan. 1962: entrée au Cercle du Livre précieux / Éditions Tchou. 1971: épouse Angella à Léningrad. 1975: codirige la décade Ponge à Cerisy-Ia-Salle (« Ponge inventeur et classique»). 1978: nommé au comité de lecture des Éditions du Seuil (sur les instances de Denis Roche). Il en fait partie jusqu’en 1995.
BIBLIOGRAPHIE
Le champ de mai, coll «Métamorphoses», Gallimard, 1955.
Solitude de la lumière, Gallimard, 1957. .
Un nom toujours nouveau; Gallimard, 1960
La grande année, Gallimard, 1964.
Les dieux, Gallimard, 1970.
Pratique de l’éloge, La Baconnière, coll. «La Mandragore qui chante», Neuchâtel (Suisse), 1977
Requêtes (frontispice de Jean Bazaine), Fata Morgana, coll. . «Explorations », Montpellier, 1977
Cérémonial de la réalité (un dessin de Martin Melkonian), Qui vive, éditions Triangle, Mareil-sur-Mauldre, 1981
Rochers, Trente et unième poème (quatre empreintes originales d’ Anne Stéphane), Babel, Mazamet, 1982.
Art poétique (un dessin de René Münch, postface de Jean-Michel Maulpoix), Qui vive, Mareil-sur-Mauldre, 1983.
Le murmure, Marchant Duce1, 1983
Vingt-neuvième poème, L’Alphée, 1985.
Adieux à Leger, hommage à Saint-John Perse (un dessin de Robert Petit-Lorraine), L’apprentypographe, Harnoncourt (Belgique), 1985..
Petits livres en préparation (quatre lithographies originales de Jean Bazaine), Maison du livre de Pérouges, 1987.
Les Vigneaux, L’apprentypographe, Harnoncourt (Belgique),1987.
L’hiver s’amenuise, Ulysse fin de siècle, Plombières-lès-Dijon, 1990.
L’ordre du mouvement, Babel éditeur, Mazamet, 1991.
Requêtes, version nouvelle, suivie d’Un art poétique, Le temps qu’i! fait, Cognac, 1992.
Une machine à indiquer l’univers, entretiens, Obsidiane, Sens, 1992.
Saint-John Perse, Alexis et Dorothée Leger (une photographie de Lucien Clergue), Babel éditeur, Mazamet, 1992.
Alchimie de la lenteur, Babel éditeur, Mazamet, 1997.
Le savoir de la terre, vers et prose, Babel éditeur, coll. «Les Envoyables », Mazamet, 1998
Membres épars des dieux (illustrations de Mireille Brunet-Jailly), hors commerce, Jean-Louis Meunier éd., Sauve¬terre, 1999.
Pratique de l’éloge ( Gallimard ;2009 )
Une machine à indiquer l’univers (Fata Morgana, 200)

Pierre GROUES ( Abbé PIERRE)


Cinquième né d’une famille aisée de huit enfants, Henri Grouès a 15 ans lorsqu’il ressent un appel indescriptible et entre en 1930 au couvent des capucins où il reçoit le nom de frère Philippe. Ordonné prêtre en 1938, il est vicaire à la cathédrale de Grenoble. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il crée des maquis en Chartreuse et dans le Vercors, et aide plusieurs personnes à passer en Suisse. Il garde de cette époque son nom de résistant : Pierre. Nommé aumônier à Paris à la Libération, il est député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. Révolté par les inégalités sociales, il fonde en novembre 1949 l’association Emmaüs, qui se consacre à la construction d’abris provisoires pour les sans-logis, financée par la revente d’objets de récupération. Son combat prend une grande envergure pendant le dur hiver 1954. Le mouvement Emmaüs regroupe aujourd’hui 4.000 personnes et 84 communautés réparties dans 30 pays. Commandeur de la Légion d’honneur, l’abbé Pierre a été tout au long de sa vie l’une des personnalités préférées des Français.