L’instant de tous les possibles

Jacques BASSE

Du même auteur

Poésie Recueil Questionnement Mondial livre.
Poésie Recueil Frisson d’un souffle Mondial livre
Poésie Recueil Souffle de Poésie Encres Vives
Poésie Recueil La Courbe d’un Souffle Éditions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Mots Roses Parfois Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Rumeurs du Cœur Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Echos et Murmures Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Le temps des résonances Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Oscillation du baiser Editions Rafael de Surtis
Poésie Recueil Seule est la Solitude Société des Ecrivains

Anthologie en 6 volumes-Visages de Poésie Editions Rafael de Surtis
Grall parmi les siens Editions Rafael de Surtis
Vague de Poètes en Méditerranée Editions Rafael de Surtis
Anthologie Poètes Turcs Editions Cap Bear

Jacques BASSE Peintre, Poète, né en 1934, à Toulouse. Vit à Nîmes
Membre de la Maison de la Poésie de Montpellier.
Adhérent des auteurs du Languedoc Roussillon.

Avant propos

Le baiser dans la vie ou la vie du baiser.
En exergue rappelons ce que dit Guy de Maupassant

«Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout»

Sous toutes les latitudes, partout dans le monde, depuis que le monde est monde, le baiser s’est manifesté. Tous les baisers sont dans la nature…Du plus léger au plus sauvage, du plus discret au plus exposé, du plus froid au plus chaud… La seule limite qui existe à l’art du baiser est celle de votre imagination. Le Kama Sutra y consacre d’ailleurs plus d’un chapitre.
Histoire de vous inspirer, voici quelques exemples de drôles de baisers célèbres ou bien méconnus…
La volupté du baiser se pratique de façon différente sous des formes infinies : baiser volé, mouillé, gourmand, violent, doux, furtif, ou bien langoureux… Oui, le baiser est un langage à part, vous pouvez exprimer votre émotion, votre désir, votre plaisir ou votre tristesse mais également votre joie. Dans Le choix des moyens de communication, les baisers tiennent une place à part qu’ils méritent.. Par contre, dans la palette des artistes, les baisers sont à l’honneur.
Dans l’art de la communication par l’art, le baiser trouve sa place. Il existe autant de baisers que de coutumes et également de régions. Tous n’ont pas nécessairement un rapport avec l’amour, mais participent à des pratiques relatives aux liens sociologiques. En voici un exemple : parmi les plus célèbres, le fameux baiser russe, traditionnellement, que ce soit entre homme ou femme, tout le monde s’embrasse d’un baiser sur la bouche ! Mais cette pratique n’a pourtant rien de choquant. Elle est davantage un signe d’entente cordiale, d’amitié et de convivialité. Car le baiser à la russe n’est pas un baiser « intime » mais plus un baiser particulièrement social
Petit tour du monde des baisers dans l’Art.
François Boucher Hercule et Omphale / Antonio Canova Psyché ranimée par le baiser / Le Baiser Rodin / Le Baiser. Picasso / Le Baiser Magritte / Les Amants. Chagall / Le baiser de Brejnev et Honecker peint par l’artiste russe Dimitri Vroubel sur le mur de Berlin Pour enrichir cette belle galerie virtuelle, deux autres suggestions : Vallotton  » Intimité / Delaunay « Les Amoureux de Paris , Le Baiser »/. On peut faire également un petit clin d’œil au sculpteur Canova « Amour et Psyché ».

Le baiser dans l’art ou l’art du baiser
« Le Baiser volé, beau titre du tableau de Fragonard, montre suffisamment que la bouche est quelque chose qui s’enlève. Elle se désire, se trouvera sollicitée par des mimiques qui lui donnent sens et se libèrent du visage en des messages voletants, de-ci, de-là, attendant de se laisser capter par une étreinte à venir. Le baiser est toujours dérobé. »
On pourrait épiloguer longuement sur le baiser et définir la signification de ce type de communication toujours affective entre, parents-enfants, relation entre personnes du même milieu familial, relation amicale entre des personnes, relation amoureuse entre deux personnes.
Les artistes se sont intéressés à cette forme particulière de communication entre des personnes et l’ont fixée sur la toile, dans le marbre, ou le bronze en transformant en quelque sorte un mode expressif de communication en un mode symbolique. Le baiser est devenu un symbole, donc l’image d’une réalité. Le Baiser, démystifie la présence du baiser, tant parmi les civilisations, que dans les musées. Le thème du baiser est peut-être universel; il est loin de couvrir l’histoire de l’art, à la différence du thème du regard, par exemple; ou de la main ou du drapé. Certaines périodes et de nombreux artistes l’ont ignoré .
Le baiser s’explique par une évolution culturelle. Des artistes, au fil des thèmes, défilent et ont caressé le baiser de leur pinceau , Jérôme Bosch, Bruegel l’Ancien, Cézanne, Chagall, Giotto, Le Corbusier, Magritte, Munch, Picasso, Man Ray, Rubens, Rodin, Toulouse-Lautrec, et bien d’autres se sont inspirés du baiser.

Alexandre Arribas, écrivain en Espagne, a dû embrasser beaucoup et fort bien pour nous parler aussi délicieusement du baiser. Prenant le lecteur par la main, il l’invite à découvrir le baiser dans tous ses états : amoureux, mystique, d’allégeance, le baiser du poète, le baiser de Judas, le baiser de pénitence et tant d’autres.. D’émerveillements en découvertes, de digressions en clins d’œil, il explore les mille et une façons et raisons d’embrasser. Saviez-vous, que tout commence alors que
le bébé glisse sa langue entre ses dents et découvre la saveur de sa mère ? Ainsi advient le baiser savoureux, ainsi naît le plaisir. Lorsque les lèvres ne chercheront plus seulement à se nourrir, lorsque le plaisir sera désiré pour lui seul, alors naîtra l’érotisme. Et l’auteur de nous entraîner dans les couvents les mieux gardés à la rencontre des grandes mystiques. C’est avec stupéfaction que nous verrons ces saintes femmes donner au Christ les plus fougueux baisers. Et la promenade continue : les baisers du diable et de Ronsard, ceux de Louise Labé ou encore de Proust, sans oublier la physiologie du baiser puisque le langage des corps ne saurait mentir. Un livre-déclaration.
Et pour conclure, cette citation.
« Le seul vrai langage au monde est un baiser »
Alfred de MUSSET

Jacques Basse
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Le charme du baiser sur l’âme repose
dans un écrin où peu à peu il s’anime
un habit de silence le pare de sublime

souverain en état de grâce il s’expose
humant toutes les effluves qui glissent
parfum qui sur la lèvre est pur délice

ô pamoisons là est une extase qui ravit
toi l’unique chose que tout désir envie
tu es l’obscur de la moelle de toute vie

ô toi le baiser oublie la frontière et ose
va jusqu’à ce buisson ardent des roses
l’intime y cache un charme qui repose
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Ô ce divin baiser
mystérieux et déroutant
mais combien attirant

son parfum est le siège
d’un philtre qui piège
le plus ténébreux
des amoureux

il séduit comme la fleur
il est une alchimie amoureuse
qui bouleverse le cœur

ah

ces effluves vous intriguent
possible qu’elles irriguent
vos papilles

vivre justifie le possible
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Ô baiser
par qui j’ai vécu des instants exquis
heureux d’être

il a cette saveur secrète
gorgée de volupté discrète

au temps qui se morcelle
je le confesse
ce merveilleux ensorcelle

il éblouit
le quotidien banal
qui ne peut faire qu’illusion


ne s’animent que des parcelles d’ombre
—————————————————-
Au bord des lèvres
s’amuse
un baiser qui parade
énamouré

laissant son effluve
son goût
sur la surface nacrée
d’une lèvre rosée

ce baiser avide
qui va qui vient serein
à l’éclat de la vie il revient

où la magie du tout n’est rien
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Est poète du cœur
que rien n’effarouche

ce baiser léger
comme une mouche

à la courbe de son sourire
on devine ce qu’il désire

le poète envie ce baiser
qui bouche à bouche
devient dans son ultime touche

un raccourci rêvé
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Pour que
renaissent les émois du baiser

il suffit
que les abords d’une venelle
caressent les prunelles

qu’une ramée d’or émerveille
d’un éclair de soleil

il suffit d’un mot
d’une image

l’éclair d’un frémissement
la musique d’une ombre
la couleur d’un sentiment

pour que d’un gouffre
se reflète en une seconde
l’encre d’un baiser

pour que d’un souffle
s’attisent à nouveau
les torches du brasier

indicible refrain
d’un
impossible regain

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Au bonheur attendu
vibre la fougue entretenue
où se mêlent de moites frissons

alors

les bouches
bouche à bouche
murmurent des mots
mot à mot

confuses elles tutoient
et attisent les pulsions
et les émotions

les mains s’enlacent
les lèvres s’embrassent

sournoises sous la soie de l’étole
s’affolent des extrasystoles

le bonheur attendu
vit dans l’insondable
des baisers vécus
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Avide d’existence

voyageur du silence
délivre ton appétence

abuse de l’instant
il est encore temps

les baisers en parade
sont un bonheur en rade

dévore ces baisers silencieux
chasse l’ennuyeux

tout le présent est là impératif
il se morfond tendrement oisif

avide de vivre
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Il sait rester discret
séducteur secret
rêveur à ces heures
mais toujours enjôleur

paladin errant preux chevalier

qui s’honore
de rendre hommage
au charme de ces angéliques visages

cet enjôleur un brin volage
ne pourra vivre sans dommage
ces certitudes

car il le dit lui même

«j’ai peur d’un baiser
comme d’une abeille»
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Dans un baiser
le cœur a chaviré

vacille l’âme
qui alarme
une pensée sereine

quand les yeux
révèlent la mouillure
de l’écho d’une meurtrissure

ils agressent
l’allégresse
à corps perdu
dans un sanglot éperdu

ruisselle la détresse
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Le Baiser secret
au passé laisse bien des regrets

toi qui musarde radieux
sur
les trompettes de la renommée

tu te retrouves dans le pleur
de l’encre des accroche-cœurs
secret délire d’une extrême candeur

dans l’infini silence
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Rives qui caressent les grèves
où naissent ces amours brèves
de baisers en chapelet de rêve

là s’essoufflent des trilles infinis
de désirs inassouvis
nichés au creux de l’envie

mais sous l’onde vive
est un regret qui ravive
une odeur sur la rive

sous des diaprures rosées
est ce désir qui naît de l’ondée

là frémissent encore des baisers
insoupçonnés

que l’oiseau-mouche
au désir si peu farouche
emperlent de merveilleux

ô ce plaisir
insécable point lumineux
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Lorsque le baiser
fait de la résistance

il faut bien se rendre à l’évidence

l’espoir s’étiole et sa résonance
tourbillonne dans l’inconstance

ô qu’elle est fragile cette expérience
fragile comme le fil de l’existence

dès que
le baiser en déroute
laisse place au doute

sur la courbe du temps
nait
l’émergence du doute
————————————————–

Dans le miroir
miroir sans tain le baiser suinte

y voir est vain et hors d’atteinte

seule Psyché dira au baiser
toute la vérité
alors
l’heureuse douceur va se parer
d’une splendeur démesurée

que puisse
cet auguste charme
résister à tous les drames

fouillant l’inconnu
de toute retenue
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Qu’y a-t-il derrière le baiser
après que le plaisir soit consommé

une musique qui danse
l’hymne à l’amour

qui espère en retour
la conquête du jour

une furtive promesse
où tous les possibles
se nouent avec adresse

expurgeant des veines du cœur
les aléas dont le souffle sans fin
saigne de douleur
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Quel plaisir
quand le baiser se joue
allant de la lèvre à la joue
jusque dans le cou pour y mourir

indicible baiser
qu’une bouffée magique
d’un trouble unique
a désarmé

la coupe des émois
de cette douce saveur
est la prime fleur
du baiser courtois

plaise au ciel
que le dessein qui court
soit courtois toujours
————————————————————

Ô douleur solitaire
qui n’attend personne
le silence du cœur
ne peut s’oublier

seul
je chemine sur mon automne
l’œil vide nu dépouillé
ici mon cœur
se montre intrigué

car jadis ici
un instant m’a grisé
je cherche en secret
ce temps égaré

instant qui sans coup férir
fut l’obscur objet de mon plaisir

l’instant qui s’attarde
est encore du plaisir
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Que ne puis-je
saisir ces baisers

ô que ne puis-je

saisir sur sa tige
cette fleur du vertige

là où l’encre des yeux
ruisselle du charme
humide de la larme

que ne puis-je
poser un baiser soyeux

quand l’embellie
doucement s’étale
sous la courbe de vos yeux
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Voler un baiser à la muse
est impudence qui amuse

en voyageur du silence
ai-je droit à une indulgence

qui voit ces lèvres au réveil
nues frémir au soleil
dans l’intime lumière
ne peut rester de pierre

comme le papillon macre
cette perle de nacre
reste inaccessible

la muse s’en amuse
sous son masque de céruse

ô quelle futile ruse
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Comme une fleur

ô ce baiser fou
dont je garde le goût
dont le cerne des yeux
dira tout de l’audacieux

il est souffle inaltérable
né d’un vent instable
que l’aube à peine levée
arrose d’un espoir réservé

baiser de rose incandescent
qu’a pétri le présent
toi qui illumine
souviens-toi que se mine

cette exquise fleur
à l’altière splendeur
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Quelle infinie tendresse
se dégage de ce cœur
dans une caresse
inscrite dans le bonheur

ô bonheur
qui se plait à chanter

ô bonheur
qui résonne à l’unisson
qui force la soumission

tremble aussi la balèvre
à l’écho rosé de la lèvre

mais un écart de saison
peut changer la toison

alors

ancre ton bonheur
tant qu’il est l’heure
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Ne pas s’attendre
à beaucoup de baisers
lorsque
si souvent vos airs encombrés
tiennent plus au silence
qu’à l’ivresse

n’attendez rien non rien
pas de caresses
quand jamais
le baiser ne s’enflamme
ne plus frapper
ni à mon cœur ni à mon âme

alors

les baisers
ne sont plus disponibles

certes vous ne les prenez plus
pour cible
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Ô vous ombre du baiser
vous qui vous êtes envolé

j’ai rêvé bien des heures
pouvoir boire votre saveur

laissez donc sur mon cœur
couler aisément cette odeur

est troublé un brin d’un baiser
qui côtoie un grain de beauté

quand rivalise l’impatience
—————————————————

Sur cette plage blanche
où la blancheur d’un sein nu
soulève les regards

parfois
lorsque mon baiser
ne parvient pas à votre bouche

quand ne peut
s’entendre le son de vos mots

quand mes yeux sont incapables
de saisir la lumière de votre regard

ce baiser plein de fraîcheur
et votre sein nu de blancheur

ils sont alors la proie
que brule l’éclat du soleil

un nuage assombrit le ciel
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Il n’est plus d’espérance
plus de rêve à graver

dans ma nuit si nue
de votre absence

rien ne remue

pourtant
souffrez

que dans le ciel de mon rêve
je mette vos soupirs
aussi votre sourire

que j’y place
la couleur de vos mots
que j’y entasse
les fleurs de vos sanglots

et souffrez que je reste
ce rêveur solitaire

abonné à mon rêve
———————————————

Le troubadour de l’espace
lui qui soupire avec grâce
emporte ce baiser ivre
de l’éphémère qui vibre

baiser
qui se libère
et perturbe tout équilibre
mais le voilà enfin libre

le baiser si doux
au cœur est redoux

laisse ce licol
ô jeunesse
prend ton envol

ne délaisse pas le bonheur
là sur l’inventaire du cœur
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Désillusion et doute
ont leur importance

toutes ambivalences
que la vie redoute

alors
que s’étire l’absence
qui serpente sur la voie du silence

est un vague murmure
d’un souvenir qui se plaint
est un baiser qui susurre
et se lamente en vain

l’éternité a ce goût de l’absence
elle qui s’étire et serpente
sur la voie de l’indifférence

l’invisible renforce l’absence
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Du baiser qui m’échappe
qui me fuit
je suis éconduit

mais

jusqu’au bout de ma crainte
j’irai sans aucune plainte

je me frotterai au vide
ce vide incommensurable

où le baiser au teint livide
reste encore domptable

sa substance dévide
l’insoutenable
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Le pinson chantait
je me suis étendu les paupières closes
sur le printemps

l’embellie installée sur la paroi du temps
s’y nourrit d’un espace parfumé

y filtre un arc en ciel que la brume arrose
où flirte l’imaginaire dans un cœur de rose

dans les rosiers
le printemps venait
juste de s’installer
————————————————–

Est un brasier de feu

qui enflamme le plaisir
et enfle toujours
les veines du désir

le regard se faufile
sous le drap se jouant des ombres

nue
ne cachant rien vous êtes femme
mutine et câline

le baiser est là accessible

à l’extrême
est une crainte possible
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Le printemps
est comme un baiser

celui qu’on a vécu
celui qu’on a goûté
celui qui a laissé des traces

celui qui revient
en se pressant
qui peut être ne sera plus demain

le printemps qui vieillit
le baiser avec lui

avec le temps ils ne se bonifient pas
ils passent tout simplement

lambeaux de vie égrisée
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Tout doucement
timidement

après maintes hésitations
est ce moment de magie
proche de l’embellie

ô…ce premier baiser

pareil à celui qu’Adonis
donna jadis à Astarté
dont le mythe nous dit
qu’il fut le premier

métamorphoses des possibles
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Ô divin baiser
qui se donne et se prend

la langue résonne sous la dent
qu’un muet silence attend

que la solitude enveloppe
que la crainte développe

les langues se lissent
se mordillent avec délice

l’avidité et l’appétence
au vertige font silence

ô cette éternité de l’instant
————————————————–

Soudain apparaît élancée

une rose fée
dans un nuage auréolé
d’une lumière pâle rosée

y sont bien là des baisers

baisers d’un matin d’été
aux éclats tiédis
peuplés du chant des fées

j’en suis ahuri

mais ce n’est qu’un mirage
qui sorti droit du nuage

a uni dans ce mariage
cette nymphe furtive et sage
————————————————————————————

Effervescence
de milliers de baisers
jaillissent au grand jour

ils subliment le dire
luminescence du baiser

baiser qui rompt le silence

quand

les langues s’entrelacent
savourant le jus de la passion

dans la convoitise qui ronge
dans l’accouplement du songe
—————————————————–

Ô doux parfum
qui dans les nues se déverse
ô doux baiser
qui se noie dans l’ivresse

est tristesse
de voir ainsi s’envoler
parfum et baiser

la rose perdure
dans un murmure
et si j’ose
le parfum du baiser
celui de la rose
en sera-t-il altéré

le charme d’un baiser est folie
qu’un effluve de parfum rejoint

ô n’en garder qu’un…rien qu’un
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Griserie voici l’ivresse
qui a orchestré de bien douces caresses

à ces douces pensées
s’y joignent l’amour et la volupté

alors que
le baiser ici s’arc-boute
tel un arc en ciel s’enivrant du doute

vont si vite arriver
les outrages du temps

profitez n’attendez que passe le temps
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Du baiser
il faut se faire aimer

le baiser vit dans le temps
au pourpre du jour
toujours emperlé d’amour

dans le temps
le baiser peut se jouer de l’amour
on ne peut surseoir au temps

à l’infini
il n’est plus de lieu

autre que le baiser
———————————————-

Le baiser est complice
de ces feutrés délices
il va il s’avance
puis s’étire et s’élance

sur la voie du silence
au plaisir il se lance

le baiser se caresse
s’installe va paresse
s’incruste et se dresse

et au désir
il s’adresse

est-ce dû au hasard si dans ma nuit brève
vivent des cauchemars aux côtés de mon rêve
——————————————————————–

Aux brumes de l’oubli
est destinée la vie

au plaisir qui ne dure guère
le meilleur se gère
le pire se digère

s’abreuver de lambeaux de vie
pour que le désir soit suivi
d’un plaisir inédit

mais de peu d’ampleur est le sursis
qui plonge sitôt dit
à l’heure de l’agonie

la fulgurance du baiser n’y survit
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Au jardin des voluptés
est une turbulence
un baiser de silence
volé à la dérobé

ce baiser dérobé à une rose fée
soupire toujours sur ce passé

il ne faut point trop penser
ni se retourner sur le passé

mais ô combien
je l’ai aimé

baiser volé
profane l’ordre souverain
——————————————————

Ce baiser si troublant
pur comme un diamant

est émouvant
comme un aveu

quel que soit l’écrin
c’est du fond de l’âme
que le charme émane
pour un joyau si fin

comme
la rose dans ce bocal
qui charme
tout autant
que dans le vase de cristal
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Le poème est l’antichambre du baiser
laissez votre cœur aller en bohème
vers cet espace où vit le rêve du baiser
la grâce y est reine

oubliez le théorème et l’anathème
c’est l’irréel layon de l’intemporel
qui fait l’indicible beauté
de l’aveuglante clarté

allez venez
là où est le poème est le rêve

mais
de ce que fût son rêve
tout votre être s’émeut
serait-ce un aveu

de ces amoureuses lices
que François Villon
creusa d’un sillon

la raison veille sur l’éclosion
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Baiser fleur de toujours
est délicatesse
qui récolte la caresse
d’une fleur qui voit le jour

tel ce bouquet de fleurs un Chardin
qui dans les salons du Louvre
par son charme nous tient

dans un arpège de notes
il est un charme qui s’expose
et se boit aux lèvres des roses

dans l’effacement des contraintes

la rétine du subconscient
en grave l’instant
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Le baiser s’étiole
dans l’insuffisance
quand le caprice s’affriole
dans l’indifférence

cette absence comment la vivre

du subconscient

la résurgence du temps passé
surgit comme un supplice
à l’inclination complice
de ces baisers feutrés

se surprendre à survivre
de la fêlure ne rien dire
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